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Vivarais

Vivarais

Le Vivarais (Vivarés en occitan) était, avant 1789, une province appartenant à la province de Languedoc. Elle s'étendait sur un territoire correspondant approximativement au département de l'Ardèche.

Histoire

Personnalités du Vivarais


- Antoine Court
- Le cardinal François de Tournon
- Olivier de Serres
- Les frères Montgolfier
- Boissy d'Anglas
- Marc Seguin
- Auguste Bravais
- Vincent d'Indy
- Marie-Joseph Canteloube
- La famille chazallon
- Le Duc de Joyeuse

Bibliographie


- [http://www.editionhuguet.com/autartistes/pageauteurs/dufaud.html Joannès Dufaud] Catégorie:Languedoc catégorie:Ardèche

Occitan

L'occitan ou langue d’oc est une langue romane d’Europe. Elle est caractérisée par sa richesse, sa variabilité et par l’intercompréhension de ses dialectes. Elle est parlée par 2 à 10 millions de personnes en France, en Italie et en Espagne (selon les sources : et ). On estime, en France, à environ 7 millions les personnes qui la comprennent sans la pratiquer. Son aire d’expansion géographique couvre 32 départements du sud de la France, 12 vallées des Alpes piémontaises en Italie et le Val d'Aran en Espagne. L'occitan médiéval et le catalan médiéval constituaient une même langue.

Noms de l'occitan

On l'appelle parfois abusivement provençal. Ce dernier, en effet, est un dialecte de l'occitan (considéré par certains comme une langue distincte de celui-ci). L'occitan fut appelé autrefois, lenga romana, roman aux XIII et XIV s. (terme utilisé au XIX s. pour désigner l'ancien occitan), limousin au XIII s., mondin ou raimondin, gascon au XVI s., catalan, provençal aux XIII et XIX s. ; ou encore lingua occitana au XIV s., langue d’oc (voire occitanique, occitanien). Les occitans n'ont jamais eux-même nommé leur langue. Ils disaient: "parli la lenga nòstra " (je parle notre langue) ou encore en Gascogne "Que parli" (je parle). Malheureusement les locuteurs eux-mêmes utilisent la plupart du temps le terme de patois pour désigner leur langue. Le terme « patois », à connotation péjorative, désigne un charabia incorrect voire incompréhensible parlé par une population rurale, peu nombreuse, dont le niveau de culture est jugé inférieur à celui de la population parlant la langue d’Etat. L’occitan étant une langue à part entière, constituée depuis le latin parallèlement au français, et non pas un dialecte de ce dernier, le désignant réducteur « patois » est ici particulièrement inapproprié. Il a cependant contribué à ce que des générations d’occitanophones considèrent leur parler non pas comme une langue mais comme un « mauvais français » et s'empressent de l'oublier au profit de la langue française. On pourrait mettre aussi cela sur le compte de l'étendue du territoire (qui se trouve sur 3 Etats la France, l'Italie et l'Espagne, ou encore sur l'incapacité des occitanistes à unifier la langue. Cependant, de nombreux locuteurs persistent et de plus en plus de jeunes partent à la reconquête de leurs racines, découvrant que le patois du « papet » est en fait la langue des troubadours.

Régions occitanes

troubadours
- Aquitaine : sauf la partie bascophone des Pyrénées-Atlantiques à l’ouest du département et une petite partie de la Gironde en zone saintongeaise. Il faut noter que le district urbain de Biarritz, Anglet et Bayonne est occitanophone d’origine ; cependant une importante population bascophone est apparue lors des migrations de l’époque de la révolution industrielle.
- Aragon : une toute petite région près du Val d’Aran et de la frontière française.
- Auvergne : il faut noter que la zone de la Marche et de la Basse-Auvergne ont connu un recul de l’occitanophonie.
- Centre : une très petite zone en bordure sud de la région.
- Languedoc-Roussillon : à l’exception de la majeure partie des Pyrénées-Orientales, où l’on parle catalan.
- Limousin.
- Midi-Pyrénées.
- Monaco : une forme d'occitan était probablement la langue parlée dans la principauté avant le XI siècle. (, et ) La langue monégasque, un dialecte ligure, est parlée dans certains vieux quartiers de la ville. Au XI siècle, une colonie ligure (italienne) s’y est installée. Dans cette zone de contact, le monégasque a été fortement influencé par le provençal.
- Piémont : région italienne dont seules des hautes vallées (Val de Suse...) sont restées occitanophones (nord-occitan). Le versant italien du col de Tende parle provençal. Dans la plupart de la région, on parle cependant italien et piémontais, un dialecte gallo-italique.
- Poitou-Charentes : ici l’usage de l’occitan a fortement reculé au profit du français, seule la Charente limousine a résisté.
- Provence-Alpes-Côte d'Azur, sauf les vallées de la Roya et de la Bévéra et quelques isolats ligures (figoun) dans le Var et les Alpes-Maritimes : Biot, Vallauris, Mons et Escragnoles. Le mentonasque a un statut intermédiaire.
- Rhône-Alpes : le sud de la région est occitanophone : l'Ardèche (dans sa quasi-totalité) et la plus grande partie de la Drôme. En revanche, le Lyonnais, le Forez et le Dauphiné septentrional qui étaient des zones de parlers intermédiaires entre l’occitan et le franco-provençal sont devenues francophones précocement. L’occitan fut la langue de la noblesse lyonnaise lors de l’apogée de la culture des troubadours.
- Val d'Aran : on y parle l'aranais, une forme du gascon qui y a un statut officiel. Le reste de la Catalogne parle catalan. Nota : on a volontairement écarté les régions catalanophones, afin de se rapprocher de la définition la plus souvent admise de l’occitan. D’un point de vue « occitano-roman », les régions de Catalogne, Valence (en partie), les Baléares, l’Aragon (en partie catalanophone), la ville de l'Alguer en Sardaigne (une colonie isolée) et le Roussillon ainsi que l'Andorre seraient inclus.

Famille linguistique

L’occitan constitue avec le catalan le groupe occitano-roman. occitano-roman Jules Ronjat a cherché à caractériser l’occitan en s’appuyant sur 19 critères principaux et parmi les plus généralisés. Onze critères sont phonétiques, cinq morphologiques, un syntaxique, et deux lexicaux. On peut ainsi noter l’absence ou la rareté de voyelles fermées (en français standard : pâte, rose, jeûne). C’est une caractéristique des occitanophones grâce à laquelle on reconnaît leur accent « méridional » même quand ils parlent en français. Il existe aussi la non-utilisation du pronom personnel sujet (ex : canti, je chante ; cantas, tu chantes). On peut trouver encore d’autres traits discriminants. Mais, rien que sur les critères principaux, il existe sept différences avec l’espagnol, huit avec l’italien, douze avec le franco-provençal et seize sur dix-neuf avec le français.

L’occitan dans le monde

Des enclaves occitanophones ont été créées
- dans le sud de l’Italie à Guardia Piemontese (La Gàrdia ; Calabre)
- au Pays basque espagnol ([http://www.xarnege.com/artikuluak/colonies.htm Colonies gasconnes au Pays basque]) : Saint-Sébastien / Donostia (gascon parlé au centre de la ville jusqu’au début du XX siècle), Fontarabie, Pasajes
- en Allemagne (autour de Heil-Bronn dans le duché de Württemberg)
- en Argentine : notamment Pigüé (Province de Buenos Aires) [http://www.tenerunsitio.com.ar/portfolio/cistpigue/sitio/turismo/frances.htm présentation et histoire de Pigüé]
- au Chili
- en Uruguay
- au Mexique
- au Brésil
- aux États-Unis principalement dans des états de l’Ouest : Montpelier (Idaho), Oregon, Californie, mais aussi Valdese (Caroline du Nord), Montpelier (Vermont), Monett (Missouri); ainsi qu’en Louisiane dans la région de Baton Rouge de Arnaudville et de Houma où l’on utilise un parler cajun occitan [http://www.celia-violaine.net/cv2/louisiane.jpg Carte de la Louisiane occitane]. Certaines de ces enclaves parlent encore aujourd'hui l'occitan ou utilisent un dialecte local mêlé à de l'occitan.

Les différences entre l’occitan et le catalan

À un stade ancien, on peut estimer que catalan et occitan ne constituaient qu’une seule langue. La différenciation s’est effectuée vers le milieu du XIII siècle sur des critères essentiellements politico-géographiques. En effet, le gascon est considéré comme un dialecte occitan, alors que le catalan, bien que plus proche des autres dialectes occitans d’un point de vue linguistique, est considéré comme une langue différente. Ce n’est qu’en 1934 que les intellectuels catalans ont fini par proclamer solennellement que le catalan était distinct de l’occitan. ([http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/monde/catalan.htm référence]) L’occitan et le catalan se distinguent par la manière d’écrire la langue (graphie). Les Occitans d’aujourd’hui ont majoritairement choisi d’utiliser une graphie proche de la langue médiévale (et des origines latines). D’autres avaient préféré franciser leurs graphies (Provençaux Avignonnais, école linguistique Gaston-Phébus en Gascogne...). Tandis que les Catalans ont choisi une graphie plus centrée sur leur manière de prononcer (pas de n final à català par exemple). L’aspect politique, culturel et religieux est important aussi. La Catalogne, contrairement à l’Occitanie a bénéficié longtemps d’une indépendance étatique alliée à un fort développement économique. De plus, l’espace occitan est globalement défini par son appartenance à la France, le catalan est majoritairement défini par son appartenance à l’Espagne. Encore récemment les langues continuent d’évoluer séparément : le catalan est un ensemble de dialectes qui ont tendance à s’hispaniser au contact du castillan ; l’occitan, lui, a tendance à se galliciser au contact du français. Le poids important des langues espagnole et française dans le monde pèse lourdement sur les rapports de domination linguistique au sein de la France et de l’Espagne. Il ne faut toutefois pas en conclure que l’occitan et le catalan soient très différents. Il existe une bonne intercompréhension entre catalanophones et occitanophones ; de plus, de nombreux rapprochements historiques, culturels et amicaux rapprochent ces peuples.
- L’ensemble géographique occitano-roman représente environ 23 millions de personnes sur un espace de 259 000 km² . Les régions ne sont pas égales face au pourcentage de locuteurs dans la langue. La France ne compte plus dans certaines régions qu’un quart de la population qui soit vraiment occitanophone (50 % de la population comprend la langue, sans pouvoir la parler couramment) . À l’inverse, la communauté autonome de Catalogne bat des records du nombre de locuteurs.

Origines de l’occitan

L’occitan est la plus centrale des langues romanes, à ce titre, les influences extérieures de la périphérie romane pouvaient empêcher sa naissance et son développement en n’en faisant qu’un lieu de passage tributaire d’une koinê extérieure, ou bien favoriser son développement en tant que langue véhiculaire spécifique. C’est cette deuxième possibilité qui s’est réalisée, favorisée par certaines circonstances qui ont donné à l’occitan son originalité :
- la structure orographique. L’espace occitan se caractérise par son emplacement au sein de barrières naturelles que sont la mer Méditerranée et l’océan Atlantique ainsi que les remparts naturels des montagnes : Massif central, Pyrénées, Alpes
- la présence de « marches séparantes » entre les populations: zones ultra-sèches, forêts épaisses séparant le nord du sud de la France (sauf aux abords de l'océan: la Brenne, la Sologne, le Bourbonnais, le Nivernais, la Bresse, le Jura central,...), marais ou landes impropres à l’agriculture et rebelles à toutes colonisations étrangères (régions entre Loire et Garonne, plateau désertique aragonais).
- la fixité et le faible mélange des « races » préhistoriques et protohistoriques
- leur moindre celtisation: populations celtes peu importantes mais la celtisation s'est implantée plus durablement que dans d'autres régions.
- une ancienne et longue romanisation : Jules César disait que les Aquitains pourraient apprendre aux Romains à parler correctement le latin. Selon M. Müller, « la bi-partition linguistique de la France commence avec la romanisation même »
- un lexique original : bien que celui de l’occitan se situe à mi-chemin entre le gallo-roman et l’ibéro-roman , il « possède [...] quelque 550 mots hérités du latin qui n'existent ni dans les parlers d'oïl ni en franco-provençal »
- une faible germanisation (contrairement au français ou au franco-provençal) : « le lexique francique » et son influence phonétique « s’arrête [...] assez souvent » au sud de la ligne oc/oïl
- l'Occitanie a toujours été un carrefour des langages, grâce à de nombreux échanges commerciaux. Ceci se retrouve dans un vocabulaire d'origines très variées. Le rabbin espagnol Benjamin de Tudèle décrit en 1173 l'Occitanie comme un lieu de commerce où viennent « chrétiens et Sarrasins, où affluent les arabes, les marchands lombards, les visiteurs de la Grande Rome, de toutes les parties de l'Égypte, de la terre d'Israël, de la Grèce, de la Gaule, de l'Espagne, de l'Angleterre, de Gênes et de Pise, et l'on en parle toutes les langues »

Langue occitane ou langues d’oc ?

Langues ou dialectes ?

L’utilisation du nom « occitan » et l’idée qu’il n’y a là qu’une seule langue est sujet à polémiques. Il est généralement admis qu’il existe une unité linguistique dépassant le cadre dialectal. Certains pensent cependant qu’il n’existe pas une, mais des langues d’oc, de la même manière que les langues d’oïl constituent une famille et non une langue unique. Toutefois, la différenciation entre une famille linguistique, une langue, un groupe dialectal, ou un dialecte, est parfois arbitraire, ce qui révèle la complexité de la linguistique. De même, pour certains, le gascon et le catalan posent aussi un problème de classification vu certains côtés ibéro-romans. « Il est difficile [...] de séparer le catalan de l'occitan si l'on n'accorde pas le même sort au gascon » . Ces langues sont regroupées sous la désignation de groupe linguistique occitano-roman. Les différents dialectes de l’occitan sont :
- le limousin
- l’auvergnat
- le vivaro-alpin
- le gascon
  - l’aranais est la variété de gascon pyrénéen en usage dans le Val d'Aran (en Catalogne), où elle a un statut de langue officielle.
- le languedocien
- le provençal
  - le shuadit ou judéo-provençal est considéré comme éteint depuis 1977, disparition imputable à la Shoah. Toutefois, les travaux de René Moulinas, Les Juifs du Pape, montrent que les Juifs provençaux parlaient provençal comme leurs compatriotes chrétiens. Les dialectes d'oc du nord-ouest : du Poitou, de la Saintonge, de l’Aunis et de l’Angoumois sont aujourd’hui disparus, remplacés par des dialectes d’oïl conservant quelques traits d’origine occitane (ex : le mot tarantelle pour désigner une araignée). De nombreux troubadours de la cour d’Aquitaine-Angleterre étaient originaires de cette région. La capitale de l’Aquitaine était Poitiers à cette époque. Richard Cœur de Lion, aquitain lui-même par sa mère, a composé des poésies en occitan à Poitiers. Au centre, les zones intermédiaires entre le français et l’occitan ont été francisées : Marche et Basse-Auvergne. Les dialectes du nord-est : le Lyonnais, le Forez et le Dauphiné septentrional qui étaient des zones intermédiaires entre l’occitan et le franco-provençal sont devenues francophones.

Langue unifiée

Il faut remarquer qu’à l’apogée de la civilisation occitane, du XI au XIIIe siècle, l’occitan était une langue bien plus unifiée qu’aujourd’hui. La koinê était une langue littéraire, mais aussi juridique et administrative, utilisée sur un immense territoire. On ne sait toujours pas à l’heure actuelle comment a pu se former cette langue très normalisée pour l’époque. En effet, une langue commune n’apparait jamais spontanément. Elle suppose une unification linguistique selon des critères plus ou moins arbitraires. Ces critères sont souvent consécutifs à une unification politique et administrative (ex : le dialecte de langue d'oïl parlé par le roi est devenu le français de référence, le dialecte toscan est devenu la norme pour l’italien). Cela n'a pas été le cas pour l'occitan. Il semblerait que le développement du commerce, et de précoces mouvements de population entre régions soient à l'origine de la koinê occitane.

La langue et ses atouts

Richesse du lexique

La comparaison en termes de nombre de mots avec les autres langues n'est jamais facile : il est rigoureusement impossible de chiffrer exactement le nombre de mots d’une langue (cf. Lexique pour une explication, ainsi que Lemme et Lexicalisation). On ne peut donc pas évaluer correctement le nombre de mots de l’occitan, tout comme les autres langues. On avance un nombre d'environ 450 000 mots occitans courants, qui serait comparable à celui de l’anglais. En français, les dictionnaires varient entre 50 000 et 100 000 mots courants . Le magazine Géo affirme que la littérature anglo-américaine peut être traduite plus facilement en occitan qu’en français. A l’exception, bien sûr, de tous les termes modernes technologiques que l’occitan, comme les autres langues, a intégrés. Là où la comparaison entre langues est intéressante, c’est quand on compare le contenu du lexique. Par exemple, il existe 128 synonymes pour signifier l’idée d’une terre cultivée, 62 pour marécages, 75 pour désigner un éclair, etc. . Ainsi, on voit que le vocabulaire de l’occitan est plus riche que celui du français en termes de mots décrivant la nature et la vie rurale. La langue ayant subi une éclipse pendant la période d’industrialisation, la richesse du vocabulaire lié à la vie de cette époque est moins importante que celle de la période précédente. Ce phénomène est aggravé par le rabaissement de la langue au titre de patois. Plus récemment, les occitanistes décidés à montrer que l’occitan est une langue vivante et riche ont développé un vocabulaire propre à un langage moderne (par exemple, web => oèb). Grace à eux, la survie de la langue n’est plus autant menacée. Sans eux, le vocabulaire aurait témoigné d’un retard préjudiciable quant à sa capacité à décrire le monde qui l’entoure dans ses réalités actuelles. Voir aussi

Apprentissage de langues étrangères

L’occitan prédisposerait aussi, selon les sources du magazine Géo, à l’apprentissage des langues étrangères. En effet, l’oreille humaine a la capacité d’entendre 24 000 hertz. Cependant, l’usage de la langue maternelle filtre et « déforme » les sons étrangers. Le français n’en perçoit que 5'000 hertz, tandis que l’occitan en perçoit 8'000 au minimum. De plus, l’occitan est une langue romane centrale, ce qui facilite la compréhension des langues latines voisines : italien, espagnol, portugais... L’occitan est la langue romane qui a le plus de points communs avec les autres langues de la même famille. Ci-dessous, une comparaison de l’occitan (dialecte central) et d’autres langues latines : Tableau de comparaison de langues romanes : Il ne faut pas oublier que l’anglais a aussi reçu un vocabulaire latin, angevino-normand (langue d'oïl) et occitan. Il existe une certaine proximité de vocable entre l’occitan et l’anglais qui n’a jamais existé ou a disparu en français : jump (anglais) / jumpar (occitan), rave (party) / rèva (en français rêver), record / recordar (mais existait en ancien français : recorder), etc.

L’amélioration des connaissances en français

La maîtrise de l’occitan, comme celle d’autres langues romanes, entraîne un accroissement de la faculté de parler avec un langage varié en français. Le français, notamment, a emprunté de nombreux mots d’origine occitane. Cependant, certains dictionnaires français sont mal renseignés au sujet de l’occitan. Ils peuvent se tromper d’origine ou de date d’apparition des termes. En fait, il ne faut pas oublier que l’occitan a servi de zone linguistique de transmission de termes venus du Sud de l’Europe ou du Maghreb. L’italien et le castillan, par exemple, ont fourni nombre de leurs mots au français en passant par l’occitan. Or, certains dictionnaires ne signalent que la langue-source en dernière analyse et non la langue à laquelle le mot a été emprunté. Les dictionnaires plus récents ou universitaires (Grand Robert, Trésor de la langue française) sont relativement à l’abri de ces erreurs. À l’heure actuelle, certains mots occitans permettent de comprendre des mots en français dans un registre populaire, familier, commun ou bien relevé : abelha > abeille, balada > ballade. On peut aussi noter quelques autres mots de création occitane ou dont la forme occitane est à l’origine des mots en français: cocagne, flageolet, gabarit, mascotte, soubresaut, etc.

Langue évolutive

Tout comme dans les autres langues romanes, les emprunts au latin et au grec ancien permettent de créer de nouveaux mots très précis, par exemple pour un usage technologique ou scientique. De plus, l’Académie de la langue catalane étant très active, l’emprunt direct au catalan est facile et rapide à réaliser, au détriment cependant d’une autonomie de la langue occitane face aux évolutions de la société.

Les péripéties de l’occitan

Repères linguistiques


- Vers les années 800 à 900 : Premières apparitions de mots occitans dans des écrits en latin.
- 1002 : Premier texte connu entièrement en langue occitane.
- XI au XIII siècle : Apogée de la poésie lyrique occitane.
- 1539 : Promulgation de l'ordonnance de Villers-Cotterêts ; François Ier impose que la justice soit rendue et signifiée « en langage maternel français et non autrement ».
- 1756 : Parution du Dictionnaire languedocien-français de l'abbé de Sauvages.
- 1790 : Circulaire de l'abbé Grégoire sur les patois de France.
- 1791- 1794 : Lors de l'époque révolutionnaire française, première véritable politique linguistique visant à imposer le français dans toute la nation française (et dans tous les esprits révolutionnaires).
- 1802 : Traduction en occitan d'Anacréon par Louis Aubanel.
- 1804 : Fabre d'Olivet publie Le Troubadour, poésies occitaniques du XIII siècle (supercherie littéraire : l'auteur, talentueux, de ces textes « traduits », n'est autre que Fabre d'Olivet).
- 1819 : Publication du Parnasse occitanien de Rochegude.
- 1842 : Histoire politique, religieuse et littéraire du Midi de la France par Mary-Lafon.
- 1840-1848 : Publication par fascicules du Dictionnaire provençal-français (en fait pan-occitan) du docteur Honnorat.
- 1854 : Fondation du Félibrige par sept primadiers, parmi lesquels Frédéric Mistral, Théodore Aubanel et Joseph Roumanille.
- 1859 : Publication de Mirèio (Mireille), poème de Frédéric Mistral.
- 1885 : Publication du Tresor dóu Felibrige, de Frédéric Mistral, dictionnaire provençal-français (en fait pan-occitan : le sous-titre indique expressément que l'ouvrage « embrasse les divers dialectes de la langue d'oc moderne »).
- 1919 : Fondation de l'Escòla occitana.
- 1931 : La Catalogne retrouve un statut d'autonomie et soutient activement la langue occitane.
- 1934 : Des intellectuels catalans proclament officiellement la séparation du catalan et de l'occitan.
- 1935 : Publication de la Gramatica occitana (selon les parlers languedociens) de Louis Alibert.
- 1941 : Le régime de Vichy autorise l'enseignement des langues "dialectales", tels le breton ou l'occitan, dans les écoles primaires. Les langues ethniques officielles dans d'autres pays ne sont pas autorisées: corse (dialectes italiens), alémanique alsacien (dialecte allemand), franciques mosellan et alsacien (dialectes allemand), flamand.
- 1943 : Première chaire de languedocien à Toulouse.
- 1945 : Fondation de l'Institut d'Etudes Occitanes (I.E.O).
- 1951 : La "loi Deixonne" autorise, à titre facultatif, l'enseignement des langues régionales (cette loi, aujourd'hui abrogée, a été remplacée par d'autres textes, législatifs ou réglementaires).
- 1959 : Création du parti nationaliste Occitan (P.N.O) par François Fontan.
- 1972 : Première université occitane d'été.
- 1975 : Loi Bas-Lauriol (France) : l'emploi de la langue française est obligatoire (au détriment de l'occitan notamment) pour les éléments relatifs aux biens et services: offre, présentation, publicité, mode d'emploi ou d'utilisation, l'étendue et les conditions de garantie, ainsi que dans les factures et quittances. Les mêmes règles s'appliquent à toutes informations ou présentations de programmes de radiodiffusion et de télévision (cette loi est aujourd'hui abrogée).
- Années 1980 : création du CAPES d'occitan-langue d'oc (concours de recrutement) et premiers paiements d'enseignants d'occitan (France).
- 1992 : Modification de l'article 2 de la constitution française : « La langue de la République est le français ».
- 1993 : Projet de loi Tasca adopté par le gouvernement. Il ne fut pas présenté au parlement à cause du changement de majorité. Toutefois la loi Toubon en a repris l'essentiel.
- 1994 : Loi Toubon : la langue française est la seule langue en France (au détriment des autres) de l'enseignement, du travail, des échanges et des services publics. Il est précisé que cette loi ne s'oppose pas à l'usage des langues régionales de France, mais cette disposition est floue et ne constitue pas une protection réelle.
- 1998 : L'occitan aranais est officiel sur le territoire du Val d'Aran en Catalogne.
- 1999 : L'occitan est nommé langue nationale, devant être protégée, en Italie.
- 2004 : Réduction drastique du nombre de nouveaux postes d'enseignants d'occitan en France.
- 2005 : Publication d'une terminologie commune occitan/catalan sur des thèmes scientifiques ou technologiques.

L’apogée de la civilisation occitane

Langues culturelles et intellectuelles du sud de la France pendant toute la période médiévale, tout particulièrement avec les troubadours (« celui qui trouve », de trobar, « trouver » en occitan). Les troubadours ont inventé l’amour courtois en répandant l’idée novatrice de fidélité à la dame plutôt qu’au seigneur. Leur idéologie s’est rapidement propagée dans toute l’Europe. Ainsi, ils donnent le ton aux cours européennes après les temps tristes qui ont suivi les invasions barbares et créent le style de vie raffiné des cours seigneuriales. On peut affirmer que la culture occitane est une des bases fondatrices des valeurs européennes modernes, au même titre que la Grèce ancienne et que la romanité.
- Dante et l’occitan Au Moyen Âge, Dante est le premier à avoir employé le terme de « lingua d’oco ». Il opposait l’appellation langue d’oc (occitan) à langue d’oïl (le français et ses dialectes) et à la langue de si (l’italien, sa langue maternelle). Il se basait sur la particule servant à l’affirmation : dans la première, « oui » se dit òc, mais oïl dans la seconde, et si dans les dialectes italiens. Les trois termes viennent du latin : hoc pour le premier, hoc ille pour le second et sic pour le troisième. Dante était un amoureux de l’occitan, il aurait souhaité que l’italien de son époque en possède le même prestige. Un des passages les plus notables dans la littérature occidentale en occitan est le 26 ième chant du Purgatoire de Dante, dans lequel le troubadour Arnaut Daniel répond au narrateur : « Tan m’abellis vostre cortés deman, / qu’ieu no me puesc ni voill a vos cobrire. / Ieu sui Arnaut, que plor e vau cantan; / consiros vei la passada folor, / e vei jausen lo joi qu’esper, denan. / Ara vos prec, per aquella valor / que vos guida al som de l’escalina, / sovenha vos a temps de ma dolor ».

La décadence de la langue

Le déclin de l’occitan comme langue administrative et littéraire : de la fin du au , l’occitan n’a cessé de perdre son statut de langue savante (ce qu’a accentué l’ordonnance de Villers-Cotterêts). Pierre Bec (op. cit.) précise qu’en 1500 encore la prononciation et la graphie correspondaient mais qu’en 1550 le divorce est consommé. La langue du roi de France finira par s’imposer dans tout le pays dans l’oral (anciennes provinces occitanophones comme le Poitou, la Saintonge ou les Charentes, la Marche et la Basse-Auvergne, ainsi qu’une partie de Rhône-Alpes). Elle s’imposera seulement dans les écrits administratifs et juridiques ailleurs (régions actuellement occitanophones). La Révolution française n’arrangera pas les choses car les jacobins, sous prétexte d’unité nationale, imposeront le français comme seule langue officielle. Cependant, bien que la littérature occitane périclite, la langue d’oc reste toujours celle qui est utilisée à l’oral. Elle sera utilisée à des fins de propagande révolutionnaire, pour y faire adhérer le peuple. La langue, malgré quelques tentatives littéraires au , ne survit plus que dans les usages populaires rarement écrits et ce jusqu’au avec le renouveau du Félibrige. L’occitan restera pour une grande majorité la seule langue parlée par la population jusqu’au début du . C’est à cette époque que l’école républicaine française lui porte un grave coup, par le biais d’une politique de dénigrement et de culpabilisation des occitanophones.

Les renaissances de la langue

Première renaissance

Alors que la langue semble fortement attaquée, différents mouvements de défense de la littérature occitane naissent. Pendant la période 1650-1850, la langue se renouvelle. On assista à divers courants qui ont convergé l’un vers l’autre pour redonner du prestige à la langue. La reconnaissance de la littérature occitane peut être attribuée, notamment, à l’agenais Jacques Boé (Jasmin) et au nimois Jean Reboul. Cette première renaissance a préparé l’avènement du Félibrige. On distingue:
- le mouvement savant Après l’oubli des troubadours, ceux-ci connaissent dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle un renouveau d’intérêt. Dans les cercles aristocratiques méridionaux, on remet en cause la prétendue suprématie littéraire du français. On assiste à une recherche linguistique et littéraire. On retrouve le goût romantique pour le Moyen Âge. Le folklore, les romans et les contes champêtres présentent de l’intérêt. Les historiens travaillent sur la « croisade des Albigeois » et sur l’histoire du Midi.
- le mouvement ouvrier "Apelavam ma lenga una lenga romana". Ce vers est la jonction de deux courants de l’occitan renaissant. L’un : la « langue » : son « patois » quotidien ; l’autre : la « lenga romana » est une marque d’érudition. Le patois est vu comme une langue d’un rang très haut. L’amour pour le peuple et ses misères est chanté par Victor Gelu.
- le mouvement bourgeois et esthète A contrario des « savants » qui sont tournés vers le passé dans un sens de recherches érudites et des « ouvriers » qui mettent en avant leurs dynamisme de prolétaires, les poètes bourgeois (ou de petite noblesse) se situeront entre les deux. Le mouvement est plus amateur, mais avec une grande passion pour la langue.
- le mouvement utilitaire Le Dr Honnorat comprit la nécessité de plus de réalisme linguistique. La langue avait perdu sa codification orthographique et morphologique. L’indiscipline dans la grammaire ou la graphie était même revendiquée dans le mouvement ouvrier. Honnorat a publié son dictionnaire provençal-français dès 1840. C’est un précurseur qui redonne à l’occitan sa dignité et sa cohérence.

Seconde renaissance

La seconde renaissance littéraire de la langue s’est faite au XIXe siècle sous la conduite de Frédéric Mistral et du Félibrige. À cette époque la langue est essentiellement utilisée par le peuple rural. Mistral et ses confrères du Félibrige ont redonné du prestige à la langue, en lui donnant une norme et des œuvres littéraires. Leur action a parfois été mêlée d’une volonté politique. Les félibres ont dit : « une nation qui n’a qu’une littérature, une nation qui détruit les langues périphériques, c’est une nation indigne de son destin de nation ». L’occitan, sous sa forme provençale et sa graphie avignonnaise, a été diffusé bien plus loin que les frontières de l’occitanophonie. Encore aujourd’hui la littérature mistralienne est étudiée dans des pays comme le Japon ou en Scandinavie. Mistral est le seul auteur uniquement occitanophone a avoir été récompensé pour son œuvre au plus haut point, il a reçu le prix Nobel de littérature. La réforme linguistique mistralienne trouva son meilleur ouvrier dans Auguste Fourès de Castelnaudary (1848-1891) qui, dans ses divers recueils poétiques, l’acclimata en Languedoc. Plus tard, d’autres écrivains du Languedoc ou du Limousin Antonin Perbosc (1861), Prosper Estieu (1860), Roux (1834-1905) tentent d’unifier la langue. Ils ont restauré la graphie classique et ont purgé la langue des gallicismes. Le système Perbosc-Estieu devient la base de la graphie de l'occitan "moderne". Louis Alibert publie en 1935, à Barcelone la Gramatica occitana segon los parlars lengadocians, il perfectionne la graphie.

Époque contemporaine

Au début du , l’école républicaine joue un grand rôle dans la disparition de l’usage oral de la langue. En effet, elle tend à culpabiliser les locuteurs occitans en prétextant que pour réussir dans la vie il faut parler français. La répression de l’utilisation de la langue au sein de l’école est très importante : sévices physiques, humiliations... À cette époque, on dit qu'« il est interdit de cracher par terre et de parler patois ». Le terme de patois est d’ailleurs contestable car péjoratif. Il a eu pour but de faire oublier que l’occitan est une langue et de faire croire que l’utilisation du patois était obscurantiste car elle n’était pas la même d’un village à l’autre. Les changements sociaux du début du siècle sont aussi à l’origine de la dépréciation de la langue. Avec la révolution industrielle et l’urbanisation, ne parler que l’occitan constituait un handicap pour accéder à des postes importants. De nombreux parents ont alors choisi de ne parler que le français à leurs enfants. Pourtant, pour eux-même, le français était la langue de l’école et de l’administration, mais ce n’était pas leur langue maternelle. Malgré cette période de forte dévalorisation de la langue, de nouveaux auteurs voient le jour : - Max Rouquette (1908-2005) a joué un rôle irremplaçable dans le maintien de la culture occitane et dans sa revivification profonde. Il a été traduit aux États-Unis, en Allemagne et au Japon, puis plus tard il traduisit lui-même ses œuvres en français. La Comédie-Française lui rend aujourd’hui hommage. - Félix-Marcel Castan (1923-2001), philosophe, est devenu le meneur des réflexions sur l’occitanisme et la décentralisation culturelle. Il est le premier à établir :
- l’anti-narcissisme historique des peuples de langue d’oc (aucun mouvement pour la création d’un royaume ou d’un État propre),
- la participation pionnière et de premier plan des écrivains occitans à l’idée d’une nation française contractuelle, non ethnique,
- la logique anti-unitariste, donc culturellement pluraliste, de toute la littérature occitane, de l’époque post troubadouresque à aujourd’hui.
- il a redonné aux troubadours leur rôle littéraire incontournable.
- il a rappelé l’importance d'Olympe de Gouges (1748-1793), pionnière du féminisme. - Bernard Manciet, (1923-2005), diplomate et entrepreneur gascon, est un des poètes paradoxaux les plus considérables. - Robert Lafont (1923), universitaire (linguiste et historien de la littérature d'oc), poète, dramaturge, romancier et essayiste. - Pierre Bec (1921), spécialiste de langue et littérature d’oc et écrivain, a publié en 1997 « Le Siècle d’or de la poésie gasconne (1550-1650) ». - François Fontan, fondateur des principes de l’ethnisme. En 1931-39, l’autonomie acquise par la Catalogne, qui soutient l’occitanisme, redonna un coup de fouet au dynamisme occitan. L’IEO (Institut d’Estudis Occitans) œuvre depuis 1945 pour la défense et la promotion de la langue occitane. Son action est responsable en grande partie de la sauvegarde et du développement de l’occitan. Il intervient dans : - la recherche - les études, colloques,et publications - la promotion de l’enseignement de l’occitan - la formation : stages, rencontres d’été... - les centres de vacances jeunesse - les arts plastiques : expositions - la musique - l’édition : l’IEO est le plus gros éditeur de langue d’oc avec ses collections : prose, poésie, vulgarisation, livres pour les enfants... De plus, les sections régionales et départementales de l’IEO, les Cercles occitans locaux participent à l’animation et à la vie culturelle du pays.

Période récente

Statut actuel de l’occitan


- France : le français est la seule langue officielle. Bien que l’Union européenne prône la défense des langues minoritaires, l’État français a modifié l’article 2 de la Constitution en 1992 pour stipuler que « La langue de la République est le français ». La France n’a toujours pas ratifié la charte européenne des langues régionales ou minoritaires, alors qu’elle impose à d’autres pays de respecter les droits de leurs propres minorités. La politique des langues régionales et minoritaires (lois sur les langues régionales, enseignement...): http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/europe/france_politik_minorites.htm [http://europa.eu.int/comm/education/policies/lang/languages/langmin/euromosaic/fr7_fr.html Etude européenne sur l'occitan en France]
- Monaco : le français est la seule langue officielle. L’occitan est parlé par 15 % de la population (recensement 1988).
- Espagne : l’occitan a un statut officiel dans le Val d’Aran, en Catalogne. [http://europa.eu.int/comm/education/policies/lang/languages/langmin/euromosaic/es7_fr.html Etude européenne sur l'occitan en Espagne]
- Italie : l’occitan vient d’obtenir un statut qui prévoit une normalisation comme celle qui existe dans le Val d'Aran. Mais il faut encore attendre que les lois d’application se mettent en place. La constitution précise, comme en France, que « La langue de la République est l’italien ». Le parlement italien a adopté en 1999 une loi destinée aux minorités linguistiques du pays: loi du 15 décembre 1999, n° 482, « Norme in materia di tutela delle minoranze linguistiche storiche », en français: « Normes en matière de protection des minorités linguistiques historiques ». L’article 2 de la loi est explicite, car il énumère les minorités touchées par la loi : y sont compris les Occitans et les Catalans.En vertu de l’article 6 de la Constitution et en harmonie avec les principes généraux établis par les organisations européennes et internationales, la République protège la langue et la culture des populations albanaise, catalane, germanique, grecque, slovène et croate, et de celles qui parlent le français, le franco-provençal, le frioulan, le ladin, l’occitan et le sarde.
[http://europa.eu.int/comm/education/policies/lang/languages/langmin/euromosaic/it10_fr.html Etude européenne sur l'occitan en Italie]

Utilisation

Un sondage montre que 80 % des occitans interrogés (locuteurs ou pas de la langue) sont favorables à l’enseignement de l’occitan. Cependant le nombre de postes offerts par l’administration est très en deçà des besoins exprimés. Les deux tiers des sondés considèrent que la langue est plutôt sur le déclin. Le déclin est aussi souligné par les institutions européennes, ainsi que l’UNESCO. Les dialectes occitans sont classés en situation de danger important ou très important de disparition. Ce déclin est peut-être l'explication au fait que seulement 5 % de la population occitanophone active transmette sa langue à ses descendants (France). Ce taux de transmission est très faible, bien qu'il soit meilleur que pour d'autres langues régionales de France (ex : breton, francoprovençal,...). A ce rythme, l'occitan sera probablement dans la situation sociale de l'irlandais dans une ou deux générations, c'est-à-dire qu'il subsistera un nombre encore notable de personnes occitanophones, mais les locuteurs de l'occitan seront isolés au sein d'un large territoire linguistique occitan. Cependant dernièrement, une jeune génération qui se ré-occitanise est apparue. Elle n’a plus honte de parler le « patois ». Cette génération est principalement d’origine rurale, ou issue de milieux cultivés ayant effectué des études supérieures. Certaines régions (Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées, et dans une moindre mesure, Provence-Alpes-Côte d'Azur) ont développé une politique en faveur de la langue et de la culture d'oc. Cela consiste à donner des aides pour l’enseignement, les mouvements culturels, les publications, à soutenir les émissions de télévision en occitan (magazines, journaux d’informations, web-tv) et à favoriser l’emploi public de l’occitan. Dans les autres régions occitanes françaises, les actions sont pratiquement à un niveau nul. La réalité occitane est une part constitutive de la culture européenne. Elle est reconnue et étudiée comme telle dans les universités étrangères : en Allemagne, aux États-Unis, en Scandinavie, au Japon même... L’occitan est étudié dans des universités du monde entier dans le cadre des études des langues romanes. En Catalogne espagnole, l’apprentissage de l’occitan est possible à l’école (y compris hors de la zone occitanophone). En France, elle a été longtemps refoulée par l’école, elle commence à être reconnue dans l’enseignement officiel : cours d’occitan en options ou bilinguisme des écoles calandretas. Même le gouvernement français, dans son rapport de 1998 sur les langues régionales, reconnaît aujourd’hui, que « l’occitan se caractérise par son extension géographique, de loin la plus importante ramenée au territoire français, et par une production culturelle -en particulier littéraire- au prestige certain, à la fois très ancienne et vivace ».

Développements récents

En février 2004, le gouvernement a diminué le nombre de recrutement de professeurs enseignant l'occitan (diplômés du CAPES d'occitan). Cette diminution est la conséquence d'une réduction budgétaire. Le nombre de postes de CAPES d’occitan était de dix-sept (plus un en école privée) en 2002, treize en 2003 et sera de quatre postes pour 2004. Remy Pech, président de l’Université Toulouse le Mirail a déclaré que c’est « en totale contradiction avec les objectifs de la décentralisation républicaine annoncée par le gouvernement ». Le Parti occitan considère que c’est « une liquidation programmée de l’enseignement de l’occitan ». Alain Rainal de la Fédération des enseignants de langue et culture d’oc (FELCO) parle de liquidation de l’enseignement de l’occitan et donc de liquidation de la langue occitane. En effet, les postes de CAPES diminuent de 30% en moyenne; le CAPES d’occitan diminue, lui, de 71%. Selon lui, le gouvernement demande plus de solidarité aux plus pauvres, et demande moins aux plus riches. Il rajoute que les langues et cultures régionales, c’est quelque chose de très important, un patrimoine inestimable. Donc cela mérite de ne pas être baissé, mais au moins d’être laissé au niveau d’avant. M. Rainal rajoute : que cette nouvelle est inquiétante pour l’enseignement de l’occitan bilingue ou trilingue. Les parents d’élèves savent qu’il y a une possibilité de valoriser professionnellement cette connaissance acquise. Le nombre de postes au concours se réduisant, il faudra passer un concours pour seulement quatre postes. Cela crée une grande difficulté et n’accorde que peu de perspectives professionnelles ([http://perso.wanadoo.fr/jean-michel.espinasse/creo-mp/index.html Bilans concernant la langue occitane et les revendications du « Centre Regionau dels Ensenhaires d’Occitan » (CREO)].
- mars 2004 : Occitan lenga e cultura olímpica Les prochains jeux olympiques d’hiver 2006 se dérouleront entre autres dans les vallées occitanes d’Italie. Actuellement la « Chambra d’Òc » ainsi que les institutions politiques de la province de Turin, les communautés de montagne (Val Pelis, Val Cluson, auta val Susa) et la commune de Bardonecha demandent, en vain, que l’occitan fasse partie des langues officielles des jeux. Il y aura de toute façon des manifestations publiques comme la présentation du festival de Rodez par exemple. Pour plus d’informations sur l’occitan dans la province de Turin : http://www.provincia.torino.it/cultura/minoranze
- mars 2004 : Journal TV en occitan La BTV (Barcelona Televisió) diffuse chaque semaine un journal télévisé en occitan appelé « Inf’òc ». Ces émissions de la télévision catalane sont tantôt en gascon, tantôt en languedocien. La zone de diffusion couvre Barcelone, bien entendu, mais aussi Girona, Sant Cugat, Mataró
- juillet 2004 : Terminologie occitane et catalane commune Les catalans et les occitans travailleront ensemble sur la terminologie. C’est ce qui a été décidé en juillet lors d’une réunion dans le Val d’Aran. Une convention sera passée entre l’Institut d’Estudis Catalans, l’Institut d’Estudis Occitans, le Conseil Général d’Aran et Termcat pour publier des lexiques en 2005. Quatre lexiques seront créés dans les domaines des mathématiques, de la biologie, de l’écologie, de l’internet et de la téléphonie mobile. Termcat (organisme chargé de travailler sur la terminologie du catalan) a proposé de mettre son travail à disposition. En effet, 90% du lexique catalan est directement applicable à l’occitan. Ces lexiques, et ceux qui suivront, seront particulièrement utiles aux enseignants : de l’école primaire jusqu’au lycée, et même au-delà.
- mars 2005 : Nouveau statut pour le Val d’Aran Le Conseil Général d’Aran a demandé un nouveau statut à la région de Catalogne en Espagne. Ce statut lui permettrait d’avoir des compétences propres afin de négocier des accords avec les régions occitanes de France. De plus, le Conseil Général gérerait lui-même les actions concernant la langue et la culture aranaises. Par ailleurs, une demande de co-officialité de l’occitan et du catalan dans toute la région a été formulée. Ceci aurait pour conséquence de faire reconnaître l’occitan comme une des langues officielles de l’Espagne. Le 30 septembre 2005, le parlement catalan a adopté à la majorité absolue le projet de nouveau statut d’autonomie de la Catalogne. Le nouveau statut reconnait dans son article 9.5 l’officialité (dans toute la Catalogne) de "la langue occitane, dite aranès dans le Val d’Aran". Il ne reste que l’aval de Madrid pour que ce statut devienne loi. Cela ne sera pas aisé, certains politiciens espagnols considérant que le nouveau statut est un pas vers la division de l’État et qu’il n’est donc pas conforme à la constitution.

Voir aussi

Liens internes


- grammaire occitane
- linguistique
  - dictionnaire des langues
    - langues par famille
      - langues indo-européennes
      -
- langues romanes
      -
  - groupe occitano-roman :Mais aussi :
- Poitevin-saintongeais
- Provençal
- Catalan
- Liste_des_langues_par_nombre_total_de_locuteurs
- cathares
- Occitanie

Liens externes


- Le Cap'òc : Unité d'animation pédagogique en occitan
- Dictionnaires
  - [http://oc.wiktionary.org Oiquiccionari] projet de dictionnaire occitan universel (dans toutes les langues) de la fondation Wikimedia
  - Dictionnaire occitan/français et cours : http://www.dobl-oc.com/
  - [http://freelang.com/dictionnaire/occitan.html Dictionnaire Freelang] Dictionnaire occitan-français/français-occitan
- Cours d'occitan : http://occitanet.free.fr
- Conjugaison occitane : http://www.verbix.com/languages/occitan.shtml
- Web-tv occitane : http://www.oc-tv.net
- Radios occitanes : http://www.radiolengadoc.com, http://www.radio-pais.com, http://www.radio-occitania.com/
- La guida de la ràdio : http://laguidadelaradio.free.fr/
- L'enseignement des langues régionales dans l'académie de Bordeaux : http://crdp.ac-bordeaux.fr/langues/
- m

1789

Cette page concerne l'année 1789 du calendrier grégorien.

Événements

Europe


- 26 janvier : La décision du gouvernement genevois d'augmenter le prix du pain déclenche une émeute à Saint-Gervais, le quartier le plus populaire de Genève.
- 18 août : Révolte révolutionnaire à Liège.
- 8 - 9 octobre : Prise de Belgrade par les Autrichiens.
- 18 décembre : Les Autrichiens évacuent Bruxelles.

France

Bruxelles
- La France compte 26 millions d'habitants.
- En mars, Élection des États généraux.
- 5 mai : Ouverture des États généraux à Versailles.
- 17 juin : Proclamation de l'Assemblée Nationale.
- 20 juin : Serment du Jeu de Paume. Les députés de l'Assemblée Nationale jurent de ne pas se séparer avant d'avoir donné une constitution à la France.
- 27 juin : Le roi ordonne au clergé et à la noblesse de se joindre au tiers état
- 9 juillet : Assemblée Nationale Constituante.
- 11 juillet : Louis XVI renvoie Jacques Necker.
- 12 juillet : Paris en état d'émeute généralisée.
- 13 juillet : Création d'une garde bourgeoise pour assurer l'ordre dans la capitale, avec un effectif de 48 000 hommes. Les officiers sont élus. Dès le lendemain, 14 juillet, elle participe à la prise de la Bastille, et le 15, elle est placée sous le commandement du général de La Fayette et prend le nom de Garde nationale. Le soir, harangue de Camille Desmoulins au Palais-Royal.
- 14 juillet : Prise de la Bastille à Paris qui détenait, à ce moment, 7 prisonniers. Le gouverneur est massacré par la foule.
- 15 juillet : Bailly maire de Paris
- 17 juillet : La Fayette fait adopter la cocarde tricolore par la Garde Nationale. Louis XVI à Paris ; il adopte la cocarde tricolore.
- 18 juillet : Le prince de Condé et le comte d'Artois quittent la France : début de l'émigration. Dans le pays, début de la Grande peur.
- 4 août : Nuit du 4 août : Abolition des privilèges par l'assemblée nationale. constituante (4-11 août).
- 24 août : Proclamation de la liberté de la presse.
- 26 août : Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen.
- 12 septembre : Premier numéro du Publiciste parisien de Jean-Paul Marat, qui devient L'Ami du peuple le 16 septembre.
- 5 octobre : Marche des femmes sur Versailles : le 6, le roi est ramené à Paris et est installé au palais des Tuileries. L'Assemblée s'installe également à Paris.
- 19 octobre : Création du Club des Jacobins.
- 2 novembre : Nationalisation des biens du clergé.
- 14 décembre : Loi sur les municipalités.
- 19 décembre : Création des assignats.
- 22 décembre : Loi sur les départements. La France divisée en 83 départements.
- 27 décembre : Émancipation des Protestants et des Juifs du midi.

Afrique

Amériques

Amérique du Nord


- 7 janvier : Premières élections présidentielles aux États-Unis, un mois plus tard, George Washington est désigné.
- 4 mars : Entrée en vigueur de la Constitution américaine (treize ans après la Déclaration d'indépendance).
- 6 avril : Proclamation de l'élection de Georges Washington, premier président (fin en 1797).

Amérique latine


- Brésil : dans l'État du Minas Gerais, des révolutionnaires menés par le « Tiradentes » organisent un soulèvement populaire pour exiger l'indépendance du Brésil. Ce soulèvement échouera, Tiradentes sera exécuté, mais devint le célèbre martyr de l'indépendance brésilienne.

Asie

Océanie & Pacifique


- 28 avril : Début de la mutinerie du Bounty.
- Le voyageur écossais Alexander Mackenzie remonte le fleuve qui portera son nom.

Proche-Orient & Monde arabe


- Début du sultanat ottoman de Sélim III (fin en 1807).

Arts & cultures

Sciences et techniques


- 20 décembre : Première usine de coton américaine d'après le procédé Arkwright.
- découverte de l'uranium par Martin Heinrich Klaproth.
- découverte du zirconium par Martin Heinrich Klaproth.

Naissances en 1789


- 24 juin : Silvio Pellico, écrivain italien.
- 29 juin : Carl Ludwig Blume, botaniste hollandais († 1862).
- 19 juillet : John Martin, peintre britannique.
- 21 août : Augustin-Louis Cauchy, mathématicien français.
- 4 septembre : Charles Gaudichaud-Beaupré, botaniste français († 1854)
- 9 septembre : William Cranch Bond, astronome américain
- 15 septembre : James Fenimore Cooper, écrivain américain.
- 21 novembre : Cesare Balbo, homme politique et écrivain italien

Décès en 1789


- 25 mai : Anders Dahl, botaniste suèdois (° 1751).
- 4 juin : Louis Joseph François Xavier de Bourbon, dauphin de France, de la tuberculose.
- 15 juillet : Jacques Duphly, compositeur, organiste et claveciniste français. __NOTOC__
-
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Provinces de France

Catégorie:Ancien Régime
-
Jusqu'en 1789, la France était organisée en provinces; elles furent remplacées cette année-là par les départements, qui existent toujours. Les noms des anciennes provinces sont encore utilisés par les géographes pour désigner des régions naturelles. Plusieurs régions françaises portent également des noms de provinces.

La notion de province

À la différence des départements, dont la constitution a été décidée par le pouvoir central, et qui relèvent du droit écrit, l'existence de provinces, qui relèvent du droit coutumier, n'est que constatée par l'État. Une province, est aussi appelée pays, terme qui découle du latin pagus qui, à l'époque gallo-romaine, désignait le territoire propre à un peuple gaulois. Elle se caractérise par ses coutumes et ses privilèges, c'est-à-dire par un ensemble de lois qui lui sont propres. Une province peut elle-même englober plusieurs provinces. Par exemple, la Bourgogne était une province, mais la Bresse, qui était également une province, faisait néanmoins partie de la Bourgogne. De ce fait, il ne peut exister aucune liste officielle des provinces. On présente souvent la liste des généralités ou des "gouvernements", anciennes subdivisions administratives du royaume, lorsqu'on cherche à établir la liste des provinces à la veille de la Révolution française.

Liste des anciennes provinces de France

Généralités

Révolution française

Provinces faisant partie de France à la Révolution


- Alsace
  - Basse-Alsace
  - Haute-Alsace
  - Sundgau
- Angoumois
- Anjou
  - Baugeois
  - Mauges
  - Saumurois
  - Segréen
- Artois
  - Boulonnais
- Aunis
- Auvergne
- Béarn
- Beaujolais
- Berry
- Bourbonnais
- Bourgogne
  - Autunois
  - Auxerrois
  - Auxois
  - Bassigny
  - Châlonnois
  - Charollois
  - Dijonnais
  - Mâconnais
- Bresse
  - Bugey
  - Dombes
  - Pays de Gex
  - Valromey
- Bretagne (Breizh en breton)
  - Cornouaille (Kerne / Bro Gerne)
  - Léon (Leon / Bro Leon)
  - Pays de Dol (Bro Zol)
  - Pays Nantais (Bro Naoned)
  - Pays Rennais (Bro Roazhon)
  - Pays de Saint-Brieuc (Bro Sant-Brieg)
  - Pays de Saint-Malo (Bro Sant-Maloù)
  - Trégor (Treger / Bro Dreger)
  - Vannetais (Bro gWened)
- Champagne
  - Brie champenoise
  - Perthois
  - Rhemois
  - Senonais
  - Vallage
- Corse
- Dauphiné
  - Baronnies
  - Briançonnois
  - Champsaur
  - Diois
  - Gapençais
  - Graisivaudan
  - Embrunais
  - Valentinois
  - Viennois
- Flandre française
  - Flandre maritime
  - Flandre wallonne
  - Hainaut
  - Cambresis
- Pays de Foix
  - Donnezan
- Forez
- Franche-Comté
- Gascogne
  - Agenois
  - Aguais
  - Airais
  - Albret
  - Armagnac
  - Astarac
  - Basse-Navarre
  - Bigorre
  - Chalosse
  - Comminges
  - Condomois
  - Couserans
  - Gabardan
  - Grave
  - Haute Lande
  - Labourd
  - Lomagne
  - Pays de Born
  - Pays de Marsan
  - Pays d'Orthe
  - Petites Landes
  - Quatre-Vallées
  - Soule
  - Tursan
- Guyenne
  - Bordelais
  - Bazadois
  - Haute-Guyenne
  - Lannes
  - Périgord
  - Quercy
  - Rouergue
- Île-de-France
  - Beauvaisis
  - Brie française
  - Gâtinais (partie francilienne dite Gâtinais français)
  - Hurepoix
  - Laonnois
  - Mantois
  - Quart de Noyon
  - Soissonnois
  - Vexin français
  - Valois
- Languedoc
  - Gévaudan
  - Principauté d'Orange
  - Velay
  - Vivarais
- Landau (ville libre du Saint Empire rattaché à la France 1680, rattaché à Bavière, 1815)
- Limousin
- Lorraine
  - Barrois
- Lyonnais
  - Plat pays de Lyonnais
  - Ville de Lyon
  - Franc-Lyonnais
- Maine
- Marche
  - Combrailles
- Nivernais
- Normandie
  - Basse-Normandie
    - Auge
    - Avranchin
      - Mortainais
    - Bessin
    - Bocage virois
    - Campagne de Caen
    - Cotentin
      - Bauptois
      - Bocage (valognais)
      - Coutançais
      - Hague
      - Plain
      - Saint-Lois
      - Val de Saire
    - Hiémois
    - le Houlme
    - Lieuvin
    - Passais (Domfrontais)
  - Haute-Normandie
    - Pays de Bray
    - Pays de Caux
      - Grand Caux
      - Petit Caux
      - Talou
    - Marais Vernier
    - Campagne de Neubourg
    - Pays d'Ouche
    - Roumois
    - Campagne de Saint-André
    - Vexin normand
- Orléanais
  - Blésois
  - Pays chartrain
  - Dunois
  - Gâtinais (partie orléanaise, dite Gâtinais orléanais)
  - Vendômois
- Perche
  - Haut-Perche (Grand Perche)
  - Perche-Gouët (Bas Perche)
  - Thimerais
- Picardie
  - Amienois
  - Ponthieu
  - Santerre
  - Thiérache
  - Vermandois
  - Vimeu
- Poitou
- Provence
- Roussillon
  - Cerdagne
  - Conflent
- Saintonge
- Touraine
- Trois-Évêchés

Territoires non rattachés à la France en 1789

N'étaient pas rattachés à la France, en 1789, les territoires suivants :
- Comtat Venaissin
  - Avignon
- Comté de Nice
- République de Mulhouse, alliée aux cantons suisses
- Savoie
  - Savoie propre
  - Maurienne
  - Tarentaise
  - Genevois
  - Chablais
  - Faucigny
- Tende et La Brigue

Voir aussi


- noms des habitants des provinces de France

Lien externe


- [http://cuisine-collection.ifrance.com/cuisine-collection/chapitres/provinces.htm carte détaillée des anciennes provinces (plus de 400 noms)] ko:프랑스의 옛 프로뱅스

Languedoc

Le Languedoc est un ensemble de régions du sud de la France qui se définit par son parler – l'occitan languedocien – se distinguant du nord de la France, autrefois qualifié de « pays de langue d'oïl » – òc et oïl étant la forme du oui respective à chaque partie. Voir Histoire de Midi-Pyrénées Vers la fin du IIIième siècle avant J.-C. un peuple celtique, les Volques, prend ses quartiers dans la région du Rhône à la Garonne, des Cévennes aux Pyrénées. Ils ont pour capitale Toulouse et Nîmes . L'on assiste à une première structuration du territoire. Ils pactisent avec les romains dés le premier siècle avant le Christ. Narbonne, est crée pour pacifier la province et devient la capitale de la Narbonnaise . La région comme le tiers de la Gaule est christianisée par Saint Sernin (Saturnin) d'origine Grecque qui fut martyrisé en 250 à Toulouse attaché à un taureau prévu pour un sacrifice païen . Capitole, Eglise du Taur, Basilique Saint Sernin sont les monuments Toulousains situés sur les traces du supplice . Au début du cinquième siècle, invasion des Vandales. Quelques années plus tard, les Wisigoths s'imposent. Les romains leur abandonnent la garde du territoire. Le royaume wisigothique occupe bientôt le tiers Sud de la Gaule puis l'Espagne . Toulouse joue le rôle de capitale et vit un petit siècle d'or (Vième siècle). Le mythe de la reine Pédauque, l'église de la Daurade subsiste de cette période légendaire. Contrairement à d'autres envahisseurs les Wisigoths ne font pas table rase des institutions et promulguent la continuité du droit Romain "Bréviaire d'Alaric" . La persistance du droit romain positif permettra la continuité d'un haut degré de civilisation . Le Languedoc bénéficiera ainsi d'un droit féodal atténué qui permettra l'émergence d'une bourgeoisie de Cité. Le toulousain Cujas enseignera au XVIième siècle avec éloquence ce vieux fil de droit romain. Malheureusement les wisigoths sont adeptes d'une hérésie orientale dite d'Arius qui développe un christianisme remettant en cause la nature divine du Christ. Cette hérésie conduira Clovis à fédérer les Francs pour annexer la région (VIième siècle). S'ensuit une longue période trouble où la région est dispersée. Septimanie autour de Narbonne encore sous domination Wisigothe puis Maure (719). Charlemagne léguera Toulouse à un de ses fils avec le titre de royaume d'Aquitaine (778) englobant tout le Sud du Rhône à l'Atlantique en vue de fédérer la reconquête hispanique. L'administration de cet immense territoire est confiée aux comtes de Toulouse . La dynastie des Comtes de Toulouse, Duc de Narbonne n'aura de cesse que de repousser les Maures reconquérir les territoires pour reconstituer une Narbonnaise . De cette compétition féodale naîtra le Languedoc de la Garonne au Rhône, de Toulouse à Saint Gilles . Raimond IV dit Raimond de Saint Gilles (1042-1115) atteindra par mariage l'objectif en agrandissant son état au comté de Rouergue, de Nîmes, de Narbonne, du Gévaudan, d'Agde, de Béziers et d'Uzès. Il sera un des principaux acteurs de la première croisade en prenant part à la prise de Jérusalem 1099, il fondera le royaume de Tripoli (Liban)1102 . De ce contact avec l'orient naîtra une véritable civilisation dite aujourd'hui Occitane, des troubadours, de l'Amour Courtois ... Ce foisonnement va laisser apparaître l'hérésie Cathare auquel on pourrait reprocher la subversion du dualisme chrétien qu'elle préconise opposant esprit et matière . A partir du douzième siècle, l'église catholique a violemment réprimé les Cathares. L'ordre mendiant des frères prêcheurs est créé à Toulouse par Saint Dominique pour donner l'exemple d'une nouvelle foi. Pour témoigner de cette renaissance, les reliques du théologien Saint Thomas d’Aquin sont exposées à Toulouse en l’église des Jacobins magnifique témoignage d'architecture gothique languedocienne . L'hérésie sert de prétexte au Roi de France pour annexer les régions Méridionales en déclenchant la croisade des Albigeois . Bataille de Muret 12 septembre 1213. Toulouse est assiégé par Simon de Montfort et prise en 1215 . Le dernier foyer cathare Montségur tombera en 1244 . En 1229, Alphonse de Poitiers fils de Louis VIII et frère de Louis IX roi de France hérite du comté de Toulouse en se mariant avec Jeanne la fille du comte de Toulouse Raimond VII. A la mort de Jeanne sans enfants la région est administrée pour le compte du roi de France en trois Sénéchaussées : Toulouse, Carcassonne et Beaucaire . Plus tard le Languedoc sera administré en deux généralités : Montpellier et Toulouse . L'intendant siégeait à Montpellier, le Parlement à Toulouse . En 1271 Union du comté de Toulouse à la couronne . De la naît le Languedoc royal qui va persister jusqu'à la révolution Française . Il va conserver ses coutumes, sa langue et une administration spécifique. Ce Languedoc historique corrrespond à l'ancien Comté de Toulouse et incorpore le Vivarais, le Velay, le Gévaudan. Le Languedoc, une des premières grandes provinces rattachées à la couronne, perd son autonomie, mais va profondément influencer par sa culture latine une Ile de France royale encore marquée par ses dynasties de francs germaniques. La province restera toujours garante de la cohésion du territoire royal, dans les périodes les plus troubles comme la guerre de cent ans où elle repoussera la domination Anglaise en Aquitaine, comme devant les pressions de l'Empire Romain Germanique sur les rives du Rhône qu'elle contiendra ... 1348 épidémie de Peste dans tout le midi . 1443 création du Parlement de Toulouse. Compétence juridique sur l'étendue des régions actuelles de Midi Pyrénées + Languedoc + Ardèche + Le Puy-en-Velay ; une immense région Midi en quelque sorte. XVIeme siècle, les Huguenots... 1666-1688 creusement du canal du Midi, canal royal du Languedoc, reliant Toulouse à Sète, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO . constructeur Pierre Paul Riquet ( Bézier1604 Toulouse 1680) L'expression Midi devait ravir le Roi Soleil pour désigner suivant le méridien de Paris la province du Languedoc où le soleil est au zénith quand il est Midi à Paris comme à Versailles … 1790-1791 suppression des parlements, création des départements .

Voir aussi


- occitan
- catharisme
- Languedoc-Roussillon
- Midi-Pyrénées
- Histoire de Midi-Pyrénées
- Narbonnaise
- Toulouse
- Montpellier

Lien externe


- [http://www.canaldumidi.com/ Canal du Midi, Canal Royal de Languedoc]

La langue d'oc

Montpellier Catégorie:Histoire de France Catégorie:Ancienne province de France Catégorie:Languedoc Catégorie:Languedoc médiéval

Frères Montgolfier

On entend par frères Montgolfier, Joseph-Michel Montgolfier, appelé souvent Joseph, et Jacques-Étienne Montgolfier, appelé souvent Étienne, son cadet de cinq ans, tous deux fils de Pierre Montgolfier, papetier à Viladon-lès-Annonay, (1700-1793), père de seize enfants.

La jeunesse

Leur père, Pierre, est papetier comme son père et son grand-père, ce qui est une tradition dans la famille qui remonte au XIV siècle. Le moulin est installé à Vidalon-lès-Annonay, petit bourg de l'Ardèche situé non loin du Rhône à 75 kilomètres au sud de Lyon. La papeterie a une réputation européenne. Joseph est né le 26 août 1740 à Vidalon-lès-Annonay. C'est le douzième enfant de Pierre. Curieux et inventif, il n'est pourtant pas un très bon élève, ne se faisant pas à la discipline de l'époque. Il s'intéresse néanmoins aux sciences physiques et naturelles. Une fois ses études terminées, ne voulant pas intégrer la papeterie familiale, il va monter un laboratoire de chimie, puis faire un séjour à Paris assez bref pour revenir à Vidalon travailler à la papeterie. Avec son frère Augustin, il fonde une papeterie à Rives où il essaye d'améliorer les techniques papetières de l'époque. Étienne est né le 6 janvier 1745 également à Vidalon-lès-Annonay, c'est le quinzième. Il est assez différent de Joseph. Il réussit mieux à l'école et il étudie l'architecture à Paris. Il travaille sous la direction de l'architecte Germain Soufflot. C'est ainsi qu'il réalisera des bâtiments pour la papeterie de Jean-Baptiste Reveillon que l'on retrouvera plus loin dans l'histoire. Mais en 1772, le frère aîné des Montgolfier, Raymond décède et son père le rappellent au pays pour prendre en charge la papeterie. En 1774, Pierre laisse la responsabilité de l'entreprise à Étienne et nomme Joseph responsable technique des ateliers de la papeterie Montgolfier. En 1777, Étienne met au point le premier papier vélin français. En 1780, Joseph s'installe à Avignon qui à cette époque ne faisait pas partie de la France, mais dépendait du Pape. De nombreuses imprimeries y étaient installés pour éviter la censure française et pour ne pas payer les droits sur des copies d'ouvrages. Joseph en profite pour passer son baccalauréat et une licence de droits, qu'il a en 1782, à 42 ans. La papeterie compte à peu près à cette époque trois cents ouvriers, ce qui est un effectif important et, les affaires marchent bien.

Les premières expériences

La découverte de l'hydrogène par Henry Cavendish datait de 1766. Il découvre ainsi que « l'air inflammable » est un gaz 11 à 12 fois moins dense que l'air. En 1782, les frères Montgolfier avaient fait des expériences en produisant de l'hydrogène, en versant du vitriol sur de la ferraille, et en tentant de l'enfermer dans des sacs en papier. Mais sans succès. Cela serait en jetant un papier dans la cheminée que Joseph s’aperçoit que ce dernier est aspiré, ou alors en voyant monter la fumée dans la cheminée, les sources ne sont pas sûres. En novembre 1782, alors que celui-ci est à Avignon, il fait une première expérience avec une chemise fermée, puis avec un « cube » de taffetas de soie d'un mètre cube environ qu'il arriva à faire monter au plafond de son logement. En décembre, les deux frères sont réunis à Annonay, et la même expérience est refaite : une enveloppe cubique d'un mètre cube gonflée par un feu de laine et de paille mouillée s'envole à une trentaine de mètres d'altitude. Le feu produisait une épaisse fumée, car ils pensaient par analogie aux nuages que c'était la fumée la responsable de l'élévation. Le 14 décembre 1782, ils gonflent avec de l’air chaud une sphère de 3 m³ qui parvient à s'envoler elle aussi. Ils décident donc de faire un ballon plus gros, d'une douzaine de mètres de diamètre. Ils utilisent de la toile en coton qu'ils doublent avec des feuilles de papier mince, découpée en fuseaux assemblées ensuite entre-eux. Le poids du ballon était de 225 kg pour 800 m³. Le ballon est prêt en avril 1783 et quelques essais captifs sont réalisés. Le 25, le ballon est lâché et il monte à une hauteur estimée de 400 mètres. Le 4 juin 1783, c'est avec ce ballon qu'ils font une démonstration aux États particuliers du Vivarais. Il se serait élévé ce jour-là à 1 000 mètres et se posa 10 minutes après l'envol à 2 kilomètres. Les députés firent un rapport pour l'Académie des sciences de Paris. Les deux frères songèrent à se faire connaître à Versailles pour obtenir des financements. Tous leurs essais avaient été payés jusqu'alors sur leurs fonds propres.

Les expériences à Paris

L'information de l'expérience du 4 juin est très vite arrivée à Paris. L'Académie des sciences forma une commission pour réaliser une démonstration à Paris en participant aux frais. C'est Étienne seul qui se rend à l'invitation. Joseph et Étienne après avoir hésité à réemployer le ballon d'Annonay, décidèrent de construire pour cette expérience un nouveau ballon d'une plus grande taille, 1 000 m³ environ et 450 kg. Le textile de base de l'enveloppe fut encore de la toile de coton encollée sur ses deux faces avec du papier. Il était formé de 24 fuseaux qui lui donnait une allure biconique assez allongée de 24 mètres de haut. Barthélemy Faujas de Saint-Fond, qui avait lancé une souscription pour l'expérience du ballon à gaz de Jacques Charles, qui se déroula le 27 août 1783, en lança une nouvelle pour les Montgolfiers. Étienne s'installe à la papeterie de son ami et ancien client Jean-Baptiste Reveillon, la Manufacture royale des papiers peints. Il faut deux mois pour assembler le ballon cousu à la main. Dans l'équipe, on note également la présence du Genevois Ami Argand, spécialiste des phénomènes de combustion. Le premier essai captif a lieu le 11 septembre 1783 dans le parc de l'usine Reveillon. La Commission académique vint assister le lendemain à une deuxième expérience toujours avec le ballon captif. L'enveloppe détrempée à cause de la pluie de la veille se déchire. La commission ne considère pas que c'est un échec et fixe la démonstration devant le roi au 19 septembre, soit une semaine après. Le ballon n'est malheureusement pas réutilisable. Un nouveau ballon est reconstruit en 5 jours. Et celui-ci fait 1 400 m³, il est néanmoins moins haut, 19 m, moins lourd, 400 kg et un peu plus sphérique. Il est essayé en vol captif le 18. Il est nommé Le Reveillon. Le 19 septembre 1783, c'est donc à Versailles devant Louis XVI qu'à lieu la démonstration avec un mouton, un canard et un coq comme passagers. Ils furent enfermés dans un panier rond en osier accroché par une corde au ballon. Une fois lâché, celui-ci monta à une hauteur estimée de 500 mètres. Handicapé par une déchirure causée au départ, le ballon vole huit minutes et parcoure trois kilomètres cinq cents. À l'atterrissage, Jean-François Pilâtre de Rozier est accouru. Les animaux sont vivants et bien portants. Le mouton finit ces jours à la Ménagerie royale en guise de récompense. L'expérience est un succès : il est possible d'emporter une charge conséquente et on peut survivre au séjour en altitude. L'étape suivante était le vol habité...

Le premier vol d'un être humain

Étienne se mit donc à dessiner un nouveau ballon, d'une taille permettant l'emport de deux personnes. Il fallait également un autre système qu'un panier fermé accroché par une corde et il pensa à une plateforme circulaire encerclant le foyer. Jean-François Pilâtre de Rozier Inspiré du ballon précédent, il avait une forme ovoïde, 13 mètres de diamètre, 21 mètres de haut pour un volume de 2 200 m³ et 500 kg. Elle fut également décoré du chiffre du roi sur fond bleu, plus des signes du zodiaque, des fleurs de lys, etc. Il fut terminé dans les environs du 8 octobre. Le 12, les essais captifs ont commencé. Malgré l'interdiction de son père, Étienne fit son baptême de l'air à cette date. Apparemment c'est la seule fois qu'il « vola. » Jean-François Pilâtre de Rozier fut choisi pour les essais suivants, le 15 et le 17. La méthode de chauffage change, la paille sèche est utilisée qui produit moins de fumée mais est plus efficace. Pilâtre commence à bien manier la ballon, maniement qui consiste à alimenter le feu du foyer avec de la paille pour contrôler la montée ou la descente du ballon. Il faut un équipier, après l'essai d'André Giroud de Villette, c'est François Laurent Marquis d'Arlandes qui sera choisi. François Laurent Marquis d'Arlandes Tout est prêt mais il manque l'autorisation du Roi. Il préfererait proposer la vie à deux condamnés à mort volontaires pour l'expérience, mais finalement se laisse fléchir. Le vol avec humain aura lieu le 21 novembre 1783, avec Jean-François Pilâtre de Rozier et le Marquis d'Arlandes. Le « lâcher tout » est donné du château de la Muette à Paris, à la lisière du Bois de Boulogne. La ballon qui pèse dans les 850 kg s'élève sans problème. Il file vers Paris, et c'est au dessus des Tuileries qu'ils atteignent leur altitude maximale : 1 000 mètres. Puis ils commencent à perdre de l'altitude en quittant Paris par la barrière d'Italie. Ils atterrirent sur la Butte aux Cailles, aujourd'hui place Verlaine, dans le XIIIe arrondissement. La distance parcourue fut de neuf kilomètres, en vinq-cinq minutes. Le feu fut alimenté uniquement par le marquis guidé par Pilâtre qui avait cassé sa fourche. Le 10 décembre 1783, Joseph et Étienne furent nommés membres correspondants de l'Académie des sciences à titre exceptionnel. Le père Pierre reçut des titres de noblesse et sa papeterie devint Manufacture royale, le 15 avril 1784. Les deux frères eurent donc le titre de chevalier, leur devise étant sic itur ad astra, « nous irons ainsi jusqu'aux astres ».

Dans le même temps à Lyon

Pendant qu'Étienne était à Paris, Joseph était lui à Lyon pour des raisons professionnelles. Les deux frères correspondaient par courrier, ce qui incita probablement Joseph à tenter des expériences également de son côté. Il fabriqua un petit aérostat en papier à la demande de Jacques de Flesselles, intendant de Lyon (équivalent à l'époque de préfet). Ce petit ballon fut lancé le 31 octobre 1783. Il était équipé d'un petit brûleur grillagé alimenté avec du papier froissé imbibé d'huile d'olive. Un second ballon fut construit, plus important, 340 m³, fait de papier rouge, fut chauffé à la paille puis entretenu avec le même système de réchaud grillagé. Il fut lâché à la tombée de la nuit du 18 novembre, ce qui donna un spectacle assez inattendu, d'autant plus qu'il était équipé de deux feux d'artifices qui se déclenchèrent en altitude. Joseph voulait construire un énorme ballon, pour pouvoir couvrir de longues distances, de Lyon à Paris par exemple. Le succès de ses premières expériences lui permirent d'ouvrir une souscription. Un ballon de 23 270 m³, un des plus grands jamais construit et, d'un poids de sept tonnes, capable d'emmener sept personnes, fut mis en chantier. La construction fut assuré par un ami de Joseph, un dénommé Fontaine, avec sous ses ordres 150 tailleurs et couturiers. Jean-François Pilâtre de Rozier arriva à Lyon en décembre, appelé par Jacques de Flesselles et/ou recommandé par Étienne. Il y eut quelques frictions entre lui et Joseph, entre l'aéronaute expérimenté et l'inventeur. Les essais captifs eurent lieu du 7 au 15 janvier 1784. Le ballon avait souffert de l'hiver rigoureux cette année-là. De plus du fait de sa taille le gonflement était très délicat, surtout avec des aides aérostiers peu expérimentés. Le temps peu favorable et une lutte entre les souscripteurs pour savoir qui volerait faillit faire capoter le projet. Enfin, le 19 janvier, le temps est propice et les esprits calmés, 100 000 Lyonnais sont présents et même Pierre, le père des deux inventeurs est là. Prennent place à bord du Flesselles, Joseph dont c'est le seul et unique vol, Pilâtre, le conte de Laurencin qui avait amené une grande partie des fonds, le conte de Dampierre, le marquis de Laporte d'Anglefort, le prince de Ligne et le jeune Fontaine. Un resquilleur est évacué tel un sac de sable. Le décollage est laborieux mais il se déroule normalement tout de même. Au bout de douze minutes de vol, le vent change et ramène le ballon au point de départ. C'est alors qu'une déchirure apparait au sommet, le ballon perd rapidement de l'altitude et atterrit brutalement à une centaine de mètres de son point de départ. Les voyageurs sont choqués mais indemnes, ce qui n'est pas le cas du ballon à moitié brûlé qui est irrécupérable.

La fin de l'histoire

Étienne revint à Annonay au printemps 1784 pour s'occuper de la papeterie qui négligée pendant tout ce temps ne se portait pas très bien. Étienne est nommé Membre associé à l’Académie des sciences en juin 1784. Il continua à s'intéresser aux ballons et fit construire une montgolfière par Reveillon à des fins scientifiques, elle est d'ailleurs utilisée par Jean-François Pilâtre de Rozier, le 23 juin 1784, où elle bat un record d'altitude mais ne peut être récupérée. Étienne et Joseph, plus leur frère Alexandre, essayèrent de 1785 à 1787 d'obtenir des fonds pour construire un ballon qu'ils voulaient diriger. Mais le projet s'enlisa. Réformateurs, ils ne sont pas inquiétés durant la Révolution française. Mais ils n'obtiennent pas des différents gouvernements qui se succèdent alors des moyens pour développer leur invention. Joseph continue d'inventer pour la papeterie et en 1792, il invente notamment le bélier hydraulique qui permet d'élever un volume d'eau à parti