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Dolmen

Dolmen

ja:支石墓 pt:Dólmen Un dolmen est une sépulture mégalithique préhistorique (entre la fin du et la fin du en Europe, au en Extrême-Orient) constituée d'une ou plusieurs grosses dalles (tables) posées sur des pierres verticales qui lui servent de pieds (les orthostates). Le tout étant originellement recouvert, maintenu et protégé par un tumulus. __TOC__ tumulus

Description

Les plus petits dolmens ressemblent, en l'état actuel, à des tables, mais les plus gros peuvent abriter plusieurs personnes entre leurs pieds. Il s'agit de chambres et galeries de tumulus (buttes artificielles), dont la partie meuble (remblais) a été érodée au cours des siècles. Leur architecture comporte parfois un couloir d'accès qui peut être construit en dalles et/ou en pierre sèche. La chambre sépulcrale peut aussi être précédée par une « antichambre ». Dans certains dolmens l'entrée présente une porte taillée dans une ou plusieurs dalles verticales. Certains dolmens démesurément longs, dont la chambre et le couloir de même largeur se confondent et qui sont recouverts de plusieurs tables sont appelés « allées couvertes ».

Étymologie

Il semble que ce soit Théophile Malo Corret de la Tour d'Auvergne qui soit l'"inventeur" du terme « dolmen », dans son ouvrage Origines gauloise. Celles des plus anciens peuples de l'Europe puisées dans leur vraie source ou recherche sur la langue, l'origine et les antiquités des Celto-bretons de l'Aarmorique, pour servir à l'histoire ancienne et moderne de ce peuple et à celle des Français, publié entre 1792 et 1796.
Son appellation « dolmen », sera vite relayée par Pierre Jean-Baptiste Legrand d'Aussy (1737-1800) qui proposera une interprétation différente de la fonction du dolmen en y voyant, non plus une table de sacrifice ou un autel comme le pensait Malo Corret, mais bien une sépulture. Le 7 ventôse de l'an VII (25 février 1799), Legrand d'Aussy fait, à l'Institut, une lecture de son ouvrage, Des sépultures nationales, publié par la suite en 1824 et dont voici un extrait : :« M. Coret, parlant d'une de ces tables que je ferai connaître bientôt, et qu'on voit à Locmariaker, dit qu'en bas-breton on l'appèle dolmin. Je saisis de nouveau cette expression, qui, comme les deux précédentes, m'est nécessaire. Dans un sujet totalement neuf, et dont par conséquent le vocabulaire n'existe pas, je suis forcé de m'en faire un; et quoique, par mon droit, je fusse autorisé à créer des mots, je préfère néanmoins d'adopter ceux que je trouve existans, surtout quand ils me donnent, comme le bas-breton, l'espoir de représenter les anciennes dénominations gauloises. J'adopte donc le mot dolmine, et je vais l'employer pour désigner les tables dont je parle. » (NB : L'orthographe de l'extrait est restituée telle quelle) Le terme semblerait forgé à partir des mots bretons
- t(d)aol (apparenté au latin tabula?), table
- et men, pierre. A noter que ce mot n'est pas un mot breton et que s'il avait été attesté dans cette langue, il aurait été écrit « taol-men », « un daol-ven » (un dolmen), « ma zaol-men » (mon dolmen). Le mot breton authentique pour désigner un dolmen est en fait « Liah vaen », variante « Liaven » ou « lieven » et « leven » dans les composés... Très différemment, certains dictionnaires étymologiques avancent que ce terme aurait été forgé outre-manche, à partir du cornique « tolmen », qui aurait désigné à l'origine un cercle de pierres ou une pierre trouée…

Fonction

cornique Les dolmens étaient des sépultures collectives à caractère réutilisables. Cela explique que dans certains dolmens, on ait pu découvrir les restes humains de plusieurs centaines d'individus. Un peu à l'image de nos caveaux familiaux, les dolmens pouvaient servir bien plus longtemps qu'aujourd'hui et il est sûr que certaines tombes ont dû servir des siècles. Par ailleurs, il est aussi certain que ces sites archéologiques ont pu avoir une fonction religieuse. 2000 ans plus tard, les Celtes les ont parfois utilisées à des fins religieuses. On prétend notamment qu'ils ont été construits au croisement de lignes de forces telluriques et seraient porteur de pouvoirs magnétiques que détectaient les druides.Cependant, rien ne permet d'affirmer une telle hypothèse.

Localisation

druides Cinquante mille dolmens ont été recensés dans le monde. Vingt mille d'entre eux se trouvent en Europe, où ils sont très nombreux dans certaines régions de France (environ 4500 dolmens disséminés dans une soixantaine de départements), surtout en Bretagne, Quercy avec 600 à 800 dolmens, Ardèche avec 800 dolmens dans ce seul département, l'Aveyron (1000 dolmens) et le Languedoc avec au moins 600 dolmens. En France, on croit toujours que le plus grand nombre de dolmens se situe en Bretagne. Il n'en est rien car en fait le département de l'Aveyron, avec 1000 dolmens, en totalise à lui seul plus que toute la Bretagne réunie. Pour schématiser l'implantation des dolmens en France, on peut partir de l'ouest du pays avec la Bretagne puis en descendant par les Pays de Loire et la Vendée pour ensuite rejoindre plus au sud les causses du Quercy et de l'Aveyron et enfin arriver en bord de mer Méditerranée au Languedoc (voir carte). On en trouve aussi en Irlande, au Pays de Galles avec notamment les « portal dolmens », dans les comtés anglais du Devon et de Cornouailles, au Portugal avec les sites spectaculaires du Haut-Alentejo près de la ville d'Evora, dans le sud de l'Espagne avec les sites remarquables d'Antequera qui compte parmi les dolmens les plus imposants au monde, en Belgique (site mégalithique de Wéris),en Allemagne du Nord, en Scandinavie, en Afrique du Nord, en Inde et plus modestement en Syrie, en Éthiopie et en Crimée (Russie). La Corée recèle à elle seule 30000 dolmens, de différents types, élevés sur tout le , et selon des techniques évolutives. On en trouve également au Japon mais de période beaucoup plus récente. Les dolmens sont absents des continents américain et australien. Image:Paço_das_vinhas.jpg|Dolmen de Paço das Vinhas, Portugal Image:Barrocal.jpg|Dolmen de Barrocal, région d'Evora,Portugal Image:GRAMMONT.jpg|Dolmen de Grammont, Hérault, France Image:DOLMEN_DE_BRAMONAS.JPG|Dolmen de Bramonas, Causses de Lozère, France Image:Dolmen tiergues.jpg|Dolmen de Tierques, Aveyron, France Image:Wéris JPG001.jpg|Dolmen de Wéris, province de Luxembourg, Belgique

Voir aussi

Articles connexes


- Menhir
- Cromlech
- Allée couverte
- Stonehenge

Liens externes


- [http://www.culture.gouv.fr/culture/arcnat/megalithes/index.html Mégalithes du Morbihan]
- [http://www.saumur-dolmen.com/dolmen.html Le plus grand dolmen de France]

- [http://bruno.marc1.free.fr/dolmen/dolmen_info.html Comment étaient construits les dolmens]
- [http://dolmen.free.fr/megafrance/ La France des mégalithes]
- [http://site.voila.fr/megalithes/ les mégalithes en bretagne]
- http://www.weris-info.be Catégorie:Monument mégalithique Catégorie:Néolithique

Mégalithe

ja:巨石記念物
-
Megalithe Un mégalithe est un monument constitué d’une ou plusieurs pierres de grandes dimensions érigées (ou levées) par les hommes, généralement au cours de la préhistoire, sans l’aide de mortier ou de ciment pour fixer la structure. Le nom vient des termes grecs megas (μέγας), grand et lithos (λιθός), pierre. grecs

Types de mégalithes

Le terme « mégalithe » recouvre différentes structures. Parmi les mégalithes préhistoriques, on distingue principalement :
- les menhirs, qui sont des pierres dressées
- les dolmens, des tables monumentales ou des allées couvertes, formées de plusieurs pierres dressées recouvertes par une ou plusieurs dalles Ces mégalithes peuvent être solitaires ou constituer des structures plus larges, comme des alignements, des cromlechs, des cercles, des cairns... Il existe également des monuments mégalithiques plus rares, comme les trilithes que l’on trouve à Stonehenge, arches formées par une pierre horizontale soutenue par deux pierres verticales, ou les taulas des îles Baléares, pierres verticales surmontées d’une autre horizontale. îles Baléares

Distribution des mégalithes

Le terme de mégalithe peut être utilisé pour décrire des monuments érigés partout sur la planète à différentes époques. Il y eu au début du siècle une théorie archéologique reliant la totalité de ces monuments à une seule civilisation, mais les méthodes moderne de datation l’ont réfutée.

Europe de l’ouest

En Europe de l’ouest, les constructions mégalithiques datent généralement du néolithique ou du chalcolithique (4500 à 1500 av. J-C).

Exemples de mégalithes

Mégalithes préhistoriques

chalcolithique
- Les 154 menhirs de la Cham des Bondons, en Lozère (France)
- Les alignement de Carnac, dans le Morbihan (France)
- L’allée couverte de la Roche-aux-fées, Ille-et-Vilaine (France)
- Les statues-menhirs du groupe rouergat, en Aveyron (France)
- Les menhirs sculptés de Filitosa, en Corse (France)
- Le tumulus de Newgrange, en Irlande
- Le peuplement mégalithique de Skara Brae, dans les îles Orcades, en Écosse
- Les cercles mégalithiques de Stanton Drew et de Stonehenge, en Angleterre
- Les temples mégalithiques de Mnajdra, Ġgantija, Ħaġar Qim et Tarxien, à Malte, qui sont parmi les structures monumentales les plus anciennes que l’on connaisse.
- Les nuraghes, en Sardaigne et en Corse
- Les dolmens de Wéris (Belgique)
- Le menhir de Brunehaut (Belgique)
- Les statues de l’île de Pâques île de Pâques]

Mégalithes antiques


- Le trilithe de Baalbeck

Les obélisques

Voir à cet article : obélisque

Mégalithes modernes


- Socle de la statue équestre de Pierre le Grand : :Des pierres énormes ont été déplacées par les hommes à presque toutes les époques. La plus considérable d’entre elles est le socle de la statue équestre de Pierre le Grand à Saint-Pétersbourg, monument élevé par Catherine II de Russie. Ce bloc de granite a un volume de 450 m³ et une masse de 1 250 000 kilogrammes (1250 tonnes) fut acheminé à travers marécages par la force de seulement 64 hommes, et l’ingéniosité d’un 65e, le comte de Carbury. :Ce mégalithe fut déplacé sur un traîneau de bois dont les patins étaient creusés d’un rail garni d’un alliage cuivre-étain-calamine ; ce traîneau était lui-même posé sur des poutres possédant un rail creux garni du même alliage. Des sphères métalliques furent placées dans ce chemin de roulement, réduisant le frottement au minimum. Il fut déplacé au moyen de cabestans, sur terrain gelé, en moins de six semaines.

Liens externes


- [http://www.megalithic.co.uk/ The Megalithic Portal and Megalith Map]
- [http://bruno.marc1.free.fr/dolmen Le portail internet des Mégalithes du Sud de la France]
- [http://site.voila.fr/megalithes/ les mégalithes en bretagne]

Tumulus

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Définition et description

Par le mot latin tumulus, on désigne une éminence artificielle, circulaire ou non, recouvrant une sépulture. La tombe peut être de dimensions très variables : d'un simple dépôt d'ossements brûlés jusqu'à une chambre sépulcrale très élaborée en pierre sèche et/ou en dalles, auquel cas on parlera de tumulus mégalithique (Voir Dolmen). Actuellement, les tumuli de terre sont rares car l'érosion et l'action de l'homme les a en partie effacés. Les tumuli de pierre (ou cairns) sont par contre assez bien conservés. Le tumulus est souvent consolidé sur son pourtour par un parement en pierre sèche voire par des blocs plus gros ou même par des pierres levées (le péristalithe). Dans le cas des monuments les plus imposants il peut y avoir une façade architecturée au niveau de l'entrée de la sépulture. Certains tumuli sont très élaborés et peuvent être structurés en parements concentriques. Ils présentent alors une élévation en gradins.

Quelques exemples

Le tumulus Saint-Michel de Carnac

Ce tumulus fut construit entre 5000 et 3400 avant J.-C. (au néolithique). À la base, il est long de 125 mètres et large de 60 mètres, il mesure 12 mètres de haut. Il a nécessité 35 000 mètres cubes de pierres et de terre. Sa fonction était la même que celle des pyramides d'Égypte, tombeau pour les membres d'une élite, il contenait divers objets funéraires pour la plupart exposés au Musée de la Préhistoire de Carnac. La chapelle érigée dessus, construite en 1663 à été détruite en 1923 pour être reconstruite à l'identique en 1926. (informations recueillies sur un panneau du ministère de la culture et de la communication à Carnac)

Le dolmen du Lamalou (Hérault)

ministère Ce tumulus n'est actuellement pas recouvert de terre (le fut-il?) et sa structure de pierre sèche (calcaire) est apparente. C'est l'un des rares dolmen héraultais à être encore couvert et enséré dans un gros tumulus.

Le dolmen de la bergerie de Panissière (Gard)

ministère Le tumulus de pierre sèche de ce dolmen est original (mais pas unique): son pourtour est délimité par un cercle de pierres levées intégrées à l'ensemble (le péristalithe).

Les kofun

Cette forme de tumuli mégalithiques se développa au Japon entre le IV et le VII siècles. Etant les seuls témoins archéologiques de cette période, ils ont donné leur nom à l'ère Yamato.

Égypte antique

Les Égyptiens de l'Antiquité ont utilisé les tumuli pour enterrer leurs morts jusqu'à la fin de période prédynastique. C'est n'est qu'à l'Ancien empire que les mastabas (puis les pyramides) prendront le pas sur les tumuli ; d'abord pour les pharaons, puis pour les nobles et les notables. Pour les Égyptiens, le tumulus représente la butte émergeant de l'océan primordial d'où naquit le soleil dans la mythologie héliopolitaine.

Amérique précolombienne

mythologie héliopolitaine La culture des bâtisseurs de tumulus (Mound Builders en anglais) s'est épanouie du Ier millénaire avant J.-C. au après J.-C. dans une grande partie des États-Unis actuels. Les Adénas semblent être les premiers à pratiquer l'art de la poterie et à enterrer leurs chefs sous des tumulus. Les Hopewells ou Hopewelliens leur ont succédé dans la vallée de l'Ohio du Ier siècle avant J.-C. au VIII siècle. Ils enterraient leurs morts avec des bijoux et des objets précieux, toujours sous des tumuli. Les sites les plus connus aux États-Unis sont la pyramide tronquée de Monk's Mound (Collinsville, Illinois) et Serpent Mound (Peebles, Ohio) qui dessine un serpent long de plusieurs mètres au sol. En Géorgie, des vestiges de la culture des bâtisseurs de tumulus ont été découvert à Etowah Indian Mounds. Catégorie:Rituel mortuaire Catégorie:Tombe Catégorie:Monument

Allée couverte

Sous le terme d'"Allée couverte", on désigne un type particulier de dolmen. Il s'agit d'un dolmen démesurément long dont la chambre sépulcrale a plus ou moins la même largeur que le couloir. Le tout est recouvert de plusieurs dalles horizontales (tables) qui reposent sur une série de montants latéraux (ou orthostats) inclus dans le tumulus ou qui en débordent vers l'intérieur.
tumulus En général, ces « allées couvertes » présentent une hauteur quasi-constante sur toute leur longueur, contrairement aux dolmens dits « à couloir » qui montrent un décrochage plus important entre le chevet (murette ou dalle verticale du fond) élevé et l'entrée du couloir plus basse. Bien sûr, ces différences sont plus ou moins marquées selon le dolmen, et l'appelation « Allée couverte » est donc parfois controversée.
Les allées-couvertes les plus représentatives se trouvent en Bretagne et en Île de France et en nombre beaucoup plus modeste en Aquitaine.
Dans le département de l'Aude en Languedoc, certains très long dolmens à couloir dépassant 15 mètres de longueur (dolmens du Mourrel das Fadas et de Saint-Eugène) étaient autrefois dénommés « allées-couvertes ». Leurs descriptions architecturales ne correspondant pas exactement à la définition communèment admise (le couloir est ici moins large que la chambre et en général le monument n'était recouvert que par une seule grande dalle), ils sont aujourd'hui appelés « dolmens à couloir large ». Catégorie:Monument mégalithique

Breton

Introduction

Le breton (brezhoneg en breton) est une langue celtique insulaire du groupe brittonique. Une personne qui le parle est dite « bretonnante », terme ancien en français. Cependant, est apparu depuis quelques années dans les médias le terme « brittophone », encore peu employé. Cette langue est parlée par une partie de la population dans la partie occidentale de la Bretagne (à partir de Saint-Brieuc au nord et de Vannes au sud). De nos jours, la Bretagne compte deux langues populaires en plus du français : le breton en Basse Bretagne et le gallo en Haute Bretagne. Des controverses sur l'état de la langue bretonne existent entre les partisans d'un breton populaire et les partisans d'une langue n'utilisant pas ou très peu d'emprunts au français. De plus, ces controverses portent aussi sur l'écriture de la langue (par exemple, entre l'écriture dite unifiée et celle dite universitaire).

Histoire

Le breton est une langue celtique de la branche brittonique, en cela proche du gallois et plus encore du cornique.

À propos de breton et gaulois

Certains historiens, comme Léon Fleuriot dans son ouvrage Les Origines de la Bretagne, se basant sur César et Tacite, l'ont présenté comme également proche du gaulois disparu au milieu du : plusieurs peuples vivaient des deux côtés de la Manche, et les échanges étaient courants. De plus la notion de Gaule et Gaulois, héritée de César, n'est peut-être pas adaptée à la situation politique linguistique des peuples et langues celtiques de l'époque. L'on peut admettre que le gaulois des côtes de la Manche était assez proche du breton des côtes opposées, et plus qu'il n'était du gaulois des bords de la Méditerranée. Mais on admet généralement que l'on connaît peu l’état du breton en Armorique à l’époque où des Bretons insulaires y migrèrent, et encore moins l’état de la langue gauloise à l'époque, ce qui rend hasardeux toute comparaison. Dans les années 1940 et 1950, le chanoine Falc'hun avança que le breton aurait bénéficié d'un apport du gaulois (étant présupposé que le gaulois serait resté vivace en Armorique comme il l'était encore dans certaines parties de la Gaule). Pour lui, ceci expliquait ainsi la principale différence du vannetais, à savoir son accent sur la finale des mots et non la pénultième. Il n'utilisait aucun élément de la linguistique moderne et se basait uniquement sur l'état de la langue bretonne au XX siècle pour émettre ses hypothèses. Celles-ci ont été réfutées scientifiquement par Kenneth Jackson dans son ouvrage sur l'histoire de la langue bretonne. On sait aujourd'hui que :
- le KLT (voir l'article ou les explications plus bas) comme le gallois sont accentués sur la pénultième,
- le vieil irlandais était accentué sur la première syllabe,
- le gaulois était accentué sur l'antépénultième, l'initiale ou la finale. Cette diversité de la position de l'accent tonique dans les langues celtiques interdit toute supposition sur la place de l'accent en vieux celtique et ne permet pas d'expliquer par un substrat gaulois les spécificités du vannetais. Par contre, la romanisation semble avoir été bien plus avancée dans le vannetais où les vestiges gallo-romains sont bien plus nombreux que dans le reste de la Bretagne. De plus, la palatalisation de /k/ et /g/ est un phénomène inhérent au bas-latin des II et III siècles, donc avant les premières immigrations bretonnes. Enfin, le vannetais et le bas-cornouaillais ont effectué plus d'emprunt au roman que les autres dialectes surtout le long de la route Vannes-Quimper. Il convient tout de même de noter que l'accentuation du vannetais était celle du vieux-breton dans son ensemble. Son maintien peut être dû, lui, à l'influence romane.

Périodes

On distingue aujourd'hui différentes périodes dans l'évolution du breton :
- le brittonique, avant le de l'ère chrétienne. ::À l'époque de la chute de l'empire romain, le breton était parlé de l'estuaire de la Loire à celui de la Clyde (rivière de Glasgow). C'est dans ce breton qu'écrivent les poètes Aneurin et Taliesin dans les royaumes bretons du sud de l'Écosse actuelle. Au en France, on commence à appeler cette langue le « brittonique » pour le distinguer du breton armoricain.
- le vieux-breton, du au . ::c'est à cette époque que le breton est devenu une langue propre à la Bretagne armoricaine. Il a été étudié par Léon Fleuriot dans sa Grammaire et son Dictionnaire du Vieux Breton.
- le moyen-breton, de la fin du à la fin du , a fourni une littérature, une poésie, mais surtout un théâtre, d'inspiration religieuse ;
- le breton prémoderne, de la fin du au milieu du ;
- breton moderne, du milieu du à nos jours. Aujourd'hui, il est parlé et écrit à l’ouest d’une ligne reliant, grosso modo, Plouha et Vannes. À noter encore que des groupes de bretonnants existent dans toutes les les grandes villes de France, ainsi qu'au Royaume-Uni et en Amérique du Nord. Parler des élites de l'État breton jusqu'au , il ne fut ensuite plus que celui du peuple de Bretagne occidentale ou Basse-Bretagne ( Breizh Izel...) quand successivement la noblesse, puis la bourgeoisie bretonnes se francisèrent. Pour l'écrit, le duché de Bretagne employa le latin puis le français (XV siècle).

Tentatives d'éradication du breton


- Sur le rôle de la langue française, et plus généralement des langues régionales (hors du breton dans cet article).
- Article connexe : Histoire linguistique de la France Même après la réunion du duché à la France, l'Ancien Régime, faisant peu de cas des langues locales à de rares exceptions, accepta le breton comme il était : essentiellement une langue vernaculaire et utilisée pour le culte. Cependant son usage fut interdit dans l'administration, dans la ligne de l'ordonnance de Villers-Cotterêts qui prescrivait l'emploi du français dans les cours de justice et les actes officiels. Encore cette interdiction fut de portée symbolique, car le duché de Bretagne avait adopté le latin puis le français comme langue administrative plus d'un siècle avant le royaume de France. Le véritable combat commença sous la Révolution. En 1794, Barrère effectue une présentation au Comité de salut public de son « rapport sur les idiomes » dans lequel il déclarait que « le fédéralisme et la superstition parlent bas-breton ». On cherchait alors à faire disparaître les langues autres que le français, les « langues régionales de France », dont le breton. Le 19 juillet 1925 lors de l'inauguration du Pavillon de la Bretagne à l'Exposition Universelle de Paris, le ministre de l'Instruction Publique, Anatole de Monzie, résume sa politique : « pour l'unité linguistique de la France, la langue bretonne doit disparaître ! ». Fin mars 1941, Joseph Barthélémy, ministre de la Justice du gouvernement de Vichy déclare : "Je m'opposerai à l'enseignement de la langue bretonne dans les écoles primaires". En 1972, Georges Pompidou, Président de la République disait encore : « il n'y a pas de place pour les langues régionales dans une France destinée à marquer l'Europe de son sceau ».

L'influence catholique

L'Église et la langue bretonne

Un certain nombre de catholiques bretons prirent la défense de la langue et la culture bretonne. L'Église n'a pas toujours été indifférente à la spécificité bretonne. A tout le moins peut-on dire qu'elle n'a tenté à aucun moment, dans les siècles passés de faire adopter la langue et la culture française officielle aux Bretons qui parlaient leur langue et restaient attachés à leurs traditions. Aux XVIIème et XVIIIème siècles, il a été publié, par les gens d'Église, quantité d'ouvrages religieux, ou même de divertissement honnête, destinés à la population des campagnes en breton.

La position au début du XXe siècle

Au début du XXème siècle. au moment du conflit entre L'Eglise et l'Etat sous la Troisième République, le clergé de l'évêché de Quimper, auquel les autorités avaient interdit de prêcher et de faire le catéchisme en breton , a mené, pendant un certain temps, un véritable combat pour la langue bretonne. Dans un port de pêche faisant à cette époque figure de petite ville, alors que le catéchisme, dans cette localité se faisait en breton et en français, le catéchisme en français étant réservé aux familles bourgeoises, les prêtres de la paroisse passaient dans les familles populaires pour demander aux parents d'envoyer leurs enfants au catéchisme en breton, la tendance des couches populaires étant de s'intégrer culturellement à la classe bourgeoise dominante; et donc d'envoyer leurs enfants au catéchisme français.

Mouvements et publications d'inspiration chrétienne avant guerre

Malheureusement, il ne s'est agi là que d'une réaction passagère du début du siècle dernier, suite au conflit entre l'Église et l'État. Pour réagir, il fallait mettre en place tout un système d'enseignement du breton. Il y eut quelques initiatives vers 1900-1914 dont le Bleun Brug créé en 1905 par l'abbé Perrot. De nombreux mouvements d'inspiration chrétienne de défense de la langue bretonne, se sont fait jour en Bretagne occidentale :
- Dans le Trégor, par exemple, sont parus pendant longtemps des hebdomadaires populaires entièrement rédigés en breton et inspirés par l'Église, plus ou moins directement :
  - "Kroaz ar Vretoned", dirigé par François Vallée(AbHerve), né en 1860, et qui fut publié jusqu'à la fin de la première guerre mondiale ;
  - "Breiz (journal)" dont les rédacteurs furent Erwan Ar Moal (Dir-Na-Dor) et Aogust Bôcher (Ar Yeodet) (journal hebdomadaire catholique qui fut imprimé jusqu'au début de la seconde guerre mondiale).
- Au pays de Vannes, l'évêché, bien qu'il y ait eut des publications chrétiennes en breton publiées par la librairie Galles-Lafolye (dont la revue Brediah er Fé), n'était pas intervenu pour créer ou soutenir un mouvement bretonnant d'inspiration catholique au début du siècle dernier, les manifestations bretonnes dans cette région étant organisées sous la responsabilité du "Bleun-Brug" du diocèse de Quimper.
  - Cependant, la revue mensuelle rédigée entièrement en breton de Vannes, "Dihunamb", fondée au début du siècle par Loeiz Herrieu et André Mellac, qui parut jusqu'en 1944, bien qu'étant parfaitement indépendante, peut être considérée comme une revue catholique Il faut citer aussi les ouvrages catholiques en langue bretonne et destinés aux fidèles. Ainsi les nombreux livres de cantiques et missels qui ont permis la conservation de cantiques anciens. Un des exemples les plus célèbres fut le livre "Buez ar Zent" (La Vie des Saints) écrit par le chanoine Morvan à la fin du , qui décrit en breton et parfois de manière très romancée la vie des saints en suivant le calendrier catholique. Écrit en breton cornouaillais, ce livre était lu chaque jour dans toute la Bretagne bretonnante.

Mouvements et revues d'inspiration chrétienne après guerre

À la fin de la deuxième guerre mondiale, les revues catholiques populaires en breton répandues en Léon et Cornouaille disparurent :
- "Feiz ha Breiz", dirigé par l'abbé Perrot
- "Ar Vuhez Kristen", fondée par les Capucins de Roscoff Lesquelles furent remplacées pendant un certain temps par :
- "Kroaz Breiz", "Bleun-Brug"' cette dernière revue subsista comme revue d'étude bilingue, dirigée par le chanoine François Mevellec, jusqu'à l'époque contemporaine, diverses revues d'étude dirigées surtout par l'abbé Loiez Ar Floc'h, la revue de l'abbé Marsel Klerg : "Barr-Heol", qui parut de 1954 à 1977, la revue d'étude pédagogique intitulée "Skol", entièrement rédigée en breton. de l'abbé Armand Le Calvez, qu'il fit paraître pendant une dizaine d'années. Dans les années 60-70, seront publiée :
- une revue d'inspiration chrétienne pour les enfants "Wanig ha Wenig", au début sous la responsabilité de l'abbé Armand Le Calvez et de l'abbé Youenn Troal
- la revue "Ar C'hrist d'an Indianed", ("Le Christ aux Indiens"), inspirée surtout par l'expérience missionnaire de l'abbé Youenn Troal sous l'égide du "Fidei Donum" au Pérou ; cette revue parut au cours des années '60. La revue "Imbourc'h" publia le journal de son second séjour parmi les Amérindiens à la fin des années '80. A son retour, il fut recteur de Plounéour-Ménez, dans la région de Morlaix, et fit paraître à cette époque des textes d'inspiration religieuse dans la revue "Ar Fulenn" ("L'Etincelle") dirigée par lui.
- la revue d'étude mensuelle Imbourc'h, liée à une initiative laïque, qui paraît régulièrement depuis 1969, et qui a publié un grand nombre d'œuvres religieuses, comme la traduction des "Confessions de saint Augustin" ou des écrits autobiographiques de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, ainsi qu'une version en breton du Bréviaire Romain, en une dizaine de volumes.

Ouvrages liturgiques en breton

Plusieurs religieux bretons étaient en contact avec l'École Biblique de Jérusalem et en avaient suivi les cours, avaient appris l'hébreu et formeront des groupes de travail bibliques. Ces prêtres se feront remarquer par des travaux de recherches et de traduction de la Bible qu'ils traduiront directement en breton à partir du texte original en hébreu ou du grec en breton pour le Nouveau Testament. La personnalité la plus éminente de ces groupes de travail était l'Abbé Loeiz Ar Floc'h. Il faut citer aussi l'abbé Guilherm Dubourg, l'abbé Job Lec'hvien, l'abbé Pipi Gall. Ces deux derniers fondèrent les Editions An Tour Tan à Kergrist-Moëlou. Parmi les activités inspirées par la foi et s'exprimant en breton, il faut signaler :
- les retraites prêchées par l'abbé Loeiz Ar Floc'h, ainsi les "carêmes" qui furent également prêchés plusieurs fois de suite en breton au cours des années 60-70, dans une des paroisses de la ville de Brest.
- "Kenvreuriezh ar brezhoneg" ("Confrérie du Breton"), association fondée au séminaire de Quimper après la dernière guerre, et dirigée pendant un certain temps par Mgr. Favé, a publié des versions en breton de divers textes liturgiques, destinés plus spécialement au diocèse de Quimper ; certains membres de cette association ont publié récemment une nouvelle traduction en breton du Nouveau Testament, destinée elle aussi, plus spécialement au diocèse de Quimper. La "Kenvreuriezh ar Brezhoneg" avait d'ailleurs une sorte d'existence officielle au diocèse de Quimper. Jusque récemment, il n'existait aucune œuvre bretonnante soutenue officiellement par aucun des évêchés bretons, sauf le centre de rencontre bretonnant de Minihi-Trelevenez, dirigé par l'abbé Job Irien, qui publie un bulletin ainsi que des traductions de textes liturgiques, particulièrement une partie de la "Prière du Temps Présent". Cependant l'ensemble des activités des bretonnants catholiques du diocèse de Quimper même soutenues par la hiérarchie, se situe actuellement au niveau d'une élite. Depuis l'année 2000 il existe une commission permanente mise en place par les trois évêchés de la Bretagne occidentale pour établir de nouveaux textes liturgiques et un Missel à l'usage de ces trois évêchés, mais cette initiative des évêques de la Bretagne occidentale répondait à la demande formulée par une Congrégation romaine de présenter une version unique du Missel pour les trois évêchés, une des versions ayant été établie uniquement pour le diocèse de Quimper.

Enseignement du breton

Quimper

Histoire

Au milieu du XIXème siècle, selon François Vallée, il existait des écoles privées chrétiennes qui, entre autres choses, apprenaient à lire en breton et en latin, et enseignaient quelques rudiments de français littéraire. Un certain nombre d'évêques, également au XIXème siècle, en Basse-Bretagne, Mgr Graverand en particulier, ont essayé d'organiser un enseignement du breton et de l'histoire de la Bretagne, parfois en breton, comme le montre l'histoire de Bretagne en breton rédigée par Anna Mezmeur, religieuse de la congrégation du Saint-Esprit.

Les politiques anti-breton de l'Après-Révolution

En 1793, l’abbé Grégoire rédige pour la Convention un rapport intitulé « Rapport sur la nécessité et les moyens d’anéantir le patois et d’universaliser l’usage de la langue française ». Il se justifie en expliquant que « notre langue et nos cœurs doivent battre à l’unisson. » Une politique linguistique impérialiste est alors mise en place. Les lois, les actes administratifs, les œuvres culturelles, les journaux, les écrits savants seront désormais en français. On tente également de valoriser la langue française tout en dévalorisant les autres « idiomes ». Dans un rapport à la Convention daté du 1794, Barrère affirme que le français est « la plus belle langue d’Europe » alors que « le fédéralisme et la superstition parlent le bas-breton, l’émigration et la haine de la République parlent allemand, la contre-révolution parle italien et le fanatisme parle le basque. » Il propose de « [briser] ces instruments de dommage et d’erreurs ». C’est l’école qui va être chargée de propager l’idéologie nouvelle en même temps que la langue française. L’institution scolaire sera donc utilisée à des fins politiques. Le 21 octobre 1793, une loi institue des écoles primaires d’état où les élèves apprennent le français. Le 26 octobre, par décret, la Convention décide que « le français sera seul en usage à l’école. » Le 27 janvier 1794, un décret ordonne la nomination, dans chaque commune où on ne parle pas français, d’un instituteur francophone. Mais devant les difficultés de trouver des instituteurs parlant français, la Convention devra revenir sur ces textes d’application difficile.

Politique scolaire contre le breton, sous la IIIe République

Sous la IIIe République, les pouvoirs publics désirent assurer l'unité française et faciliter la promotion sociale au sein de la République. Pour ces raisons, les responsables de l'enseignement public commencent à proscrire l'usage de tous patois ou parlers régionaux à l'école. A partir du milieu du , le pouvoir central réprime les langues dites régionales et les présente comme arriérées, rétrogrades, et facteurs de frein au progrès. A partir de la fin du XIXe, ces langues sont interdites dans l'enseignement, au grand dam d'une partie du corps enseignant qui se demande comment enseigner dans de telles conditions à des élèves non francophones.

Le français contre le breton ?

Ainsi en 1902, le ministère Combes promulgue par décret l'interdiction de « l'usage abusif du breton » . Les écoles religieuses suivent rapidement et le breton n'est plus enseigné à partir du début du XXe mais continue à être transmis de génération en génération par voie orale. Il faut noter quelques initiatives particulières tendant à promouvoir un certain enseignement de la langue bretonne dans les Ecoles chrétiennes, depuis celle du Frère Constantius au début du siècle, au pays de Léon principalement, jusqu'à celle du Frère Seité, après la dernière guerre. La politique scolaire contre le breton date de la fin du XIXe siècle. Elle utilise alors deux méthodes :
- d'une part, le breton n'est absolument plus enseigné à l'école,
- d'autre part, le français doit être la seule langue utilisée dans les écoles républicaines, y compris dans les cours de récréation. Comme les autres locuteurs des langues parlées en France et dans les possessions françaises d'Outre-Mer, les élèves bretonnants subissent des persécutions officielles au moyen notamment de pratiques humiliantes. Ainsi se répand la pratique du « symbole », petit objet qui passe au cou d'élève à élève pendant la récréation à chaque fois que l'un d'entre eux parle breton, avec une punition pour le dernier élève à l'avoir. Certains pensent que la politique française vise à imposer pour des motifs idéologiques la langue française comme langue unique de la République (« je ne veux voir qu'une seule tête, n'entendre qu'une seule langue »). Pour illustrer la vigueur de cette politique, ils s'appuient sur une phrase qui aurait été longtemps affichée dans certaines écoles primaires : « Il est interdit de cracher par terre et de parler breton », phrase qui juxtapose deux interdictions de nature différente, illustrant bien la nature des moyens employés pour parvenir à réaliser un linguicide en Bretagne.
L'exemple est-il bien choisi ? À ce jour, personne ne peut attester l'existence de cette affiche. Fañch Broudic qui a mené une [http://perso.wanadoo.fr/fanch.broudic/PAJENN/Interdit.parler.html étude sur le sujet] conclut à une extrapolation : ::« Autant le principe édicté en 1897 par l'Inspecteur d'Académie du Finistère, Dosimont, selon lequel pas un mot de breton ne devait être prononcé ni en classe ni dans les cours de récréation est couramment référencé, autant il est difficile de retrouver trace de l'interdiction « de cracher par terre et de parler breton »… Sous réserve d'inventaire complémentaire, il faut considérer que la phrase que l'on brandit désormais comme un contre-slogan est, historiquement, une extrapolation. » Cependant, si cette phrase n'a pas existé telle quelle, elle a bel et bien existé sous forme paraphrasée. Le même auteur cite le « Règlement pour les écoles primaires élémentaires de l'arrondissement de Lorient », adopté et arrêté par le Comité supérieur de l'arrondissement, en 1836 et approuvé par le recteur en 1842, qui stipule : « Art. 21. Il est défendu aux élèves de parler breton, même pendant la récréation et de proférer aucune parole grossière. Aucun livre breton ne devra être admis ni toléré. » S'exprimer en breton et parler « grossièrement » font l'objet de la même prohibition (dans « La pratique du breton de l'Ancien Régime à nos jours », chapitre 17).

L'émergence d'un enseignement du breton

Régulièrement, des voix s'élèveront en faveur d'un multi-culturalisme et d'un respect des autres cultures mais elles resteront minoritaires. En particulier, de grandes pétitions (Er Brezhoneg er skol dans les années 1930, la grande pétition populaire d'Emgleo Breiz en 1967) et des manifestations régulières demanderont l'enseignement du breton. Yann Kerlann organise l'enseignement du breton à l'école publique de Plestin-Les Grèves en novembre 1942, non loin de Lannion, définitivement interrompu en 1944. Cette école est dirigée par Yann Kerlann qui après la mort de Yann Sohier a été le responsable d’Ar Falz, mouvement qui regroupait les instituteurs publics partisans de l’enseignement du breton. En avril 1945, le Conseil de la faculté des lettres de Rennes émet un voeu en faveur de l'admission du breton à l'oral du baccalauréat. : "Les signataires tiennent à affirmer le loyal attachement à la France de tous les Bretons, attachement que garantiraient, s'il en était besoin, les quatre années de résistance acharnée soutenue par la Bretagne contre l'Allemagne et l'échec retentissant infligé aux tentatives de divison des complices de l'ennemi.". En 1945, Ar Falz propose de reprendre aux laïques de Bretagne la pétition interrompue par la guerre, en faveur de l'enseignement de la langue bretonne. Dans les années 1940 et 1950, l'administration répond timidement par des mesures symboliques (« autorisation » d'enseigner les langues régionales quelques heures, ...) mais en pratique elles sont suivi de peu d'effets. En 1951, est votée la loi Deixonne autorisant l'organisation de cours facultatifs pour quatre langues « locales », dont le breton. Mais l'impact en est réduit, non seulement en raison des dispositions limitées de la loi elle-même et de l'absence de décrets d'application (qui ne paraîtront que 30 ans plus tard), mais également à cause de l'application restrictive qui en est faite. De fait, même si l'enseignement était autorisé dans certaines conditions, il n'était possible presque nulle part. Et aucun enseignant n'étant formé, aucun diplôme n'existant, quasiment personne ne pouvait en assurer l'enseignement. L'abbé Armand Le Calvez (revue d'étude pédagogique intitulée "Skol) est le fondateur et le directeur de la première école entièrement en breton, une école catholique, "Skol Sant-Erwan" ("Ecole Saint-Yves"), qui dura trois années, entre 1958 et 1961, à Plouezec, entre Saint-Brieuc et Paimpol. L'abbé dut renoncer à son entreprise à la suite des nouvelles lois qui réglaient les rapports des Ecoles privées et de l'Etat à partir de 1962 : ces lois ne lui laissaient plus la liberté de choisir son programme d'enseignement. Cette politique, utilisée aussi au sein de l'armée, s'est poursuivie jusque dans les années 1960. Peu de bretonnants s'en inquiètent, persuadés que le breton n'est pas l'avenir pour leurs enfants ou, au mieux, que ceux-ci l'apprendront par le fait de vivre dans un milieu bretonnant. Mais dans les années 50-70, les enfants exclusivement bretonnants se sont raréfiés, ils sont soit bilingues français-breton soit monolingues français. Puis le bilinguisme s'est progressivement éteint chez les enfants, et au début des années 80, le pourcentage d'élèves parlant breton au début de leur scolarisation est marginal. Le breton est alors quasi-exclusivement parlé par des adultes qui très rarement savent l'écrire.

Diwan, et le changement des années 80

C'est au vu de cette situation qui rendait impossible l'enseignement du breton que furent créées en 1977, les écoles Diwan (le germe), qui pratiquent la méthode par immersion pour l'apprentissage du breton. Voir encore l'article Controverses sur le breton En 1982, une circulaire Savary ouvre la possibilité d'une filière de classes bilingues dans l'enseignement. Se mettent alors en place des classes bilingues breton/français dans l'enseignement public à partir de 1983, et dans l'enseignement catholique à partir de 1990. Les parents de ces élèves bilingues sont regroupés dans deux associations : Div Yezh (deux langues) créée en 1979 pour les écoles publiques, et Dihun (éveil) pour les écoles catholiques (1990 : Dihun-56 ; 1993 : Dihun Penn-ar-Bed et Dihun-Breizh). À la rentrée scolaire 2005, les effectifs affichés par ces écoles, tous niveaux confondus, sont de :
- 2896 dans les écoles Diwan
- 3851 élèves dans les classes bilingues des écoles publiques
- 3659 élèves dans les classes bilingues des écoles catholiques Il s'agit essentiellement d'enfants en maternelle et en primaire.

Opposition actuelle à l’enseignement du breton

C’est pour les tenants de la langue bretonne généralement :
- le refus d'ouvrir de nouvelles classes bilingues, dans les écoles publiques, d’assurer la continuité de l'enseignement du breton dans les collèges ou lycées, ou d'assurer l’enseignement du breton comme deuxième langue vivante (légalement possible, pratiquement inexistente) ou comme troisième langue ;
- l'interdiction aux élèves étudiant le breton de choisir certaines options (langues ou Sciences Économiques et Sociales, filière S) dans certains établissements, comme le lycée Zola à Rennes ;
- les propositions répétées de regroupement des classes de breton en un seul établissement ;
- la mutation des professeurs de breton malgré la signature d’un accord l’interdisant ;
- le remplacement de professeurs par des cours par visio-conférence, à l’efficacité douteuse ;
- la diminution du nombre de CAPES de breton. C’est aussi les pressions de cercles qui se présentent comme "libres-penseurs", de groupes politiques, de personnalités médiatico-culturelles pour demander soit la fermeture des écoles Diwan comme à Saint-Nazaire ou Nantes, soit la suppression de l’enseignement du breton à l’Université, comme à Rennes et Nantes, soit la fin des subventions aux éditeurs en langue bretonne.

Situation du breton

Dans ce contexte, le breton est en voie de disparition rapide. Au début du , la moitié de la population de Basse-Bretagne ne connaissait que le breton, l'autre moitié étant bilingue breton-français. Une partie des bretonnants passera au français dans les années 30 pour plusieurs raisons :
- le français leur permet de communiquer entre eux : les différences entre les dialectes bretons ne permettent de se comprendre d'une région bretonnante à une autre qu'à condition d'avoir une connaissance du standard écrit. Le breton oral sert alors à s'exprimer avec ses proches, et le français est utilisé pour la communication plus formelle ;
- c'était le moyen de communiquer avec les autres Français suite au brassage national accéléré par la première guerre mondiale. Le passage au français sera plus rapide et plus définitif pour les citadins que dans le monde rural, du fait d'un environnement francophone plus présent (administration, école, journaux, etc.) Le reste des bretonnants, après la deuxième guerre mondiale, passera au français pour plusieurs raisons :
- l'idée que les opportunités de travail et la promotion sociale (par ex. pour les emplois administratifs et militaires) passe par la maîtrise obligée du français. A la volonté de sortir du sous prolétariat et de la paysannerie, si mal vue, le monoliguisme bretonnant apparaissait être un handicap. Ceci explique que de très nombreuses familles soient passées du monolinguisme breton, au bilinguisme puis au monolinguisme francophone par facilité. Ces familles étaient persuadées que savoir le breton "ne servait a rien..."
- le chemin de fer a considérablement augmenté les brassages de population (venue de touristes, émigration massive de paysans sans terres vers les villes plus francophones) ; avec la généralisation des congés payés, on assiste, notamment en été, au retour des émigrés de deuxième génération (nés hors de Bretagne) qui ne parlent plus breton ou le parlent mal. Ils n'étaient plus que 100 000 monolingues bretons en 1950, leur nombre est quasi-nul depuis les années 80. Environ 1 300 000 parlaient breton en 1930 ; aujourd'hui, le breton est encore parlé et compris par environ 300 000 personnes seulement, essentiellement des personnes âgées (64 % des locuteurs ont plus de 60 ans). L'UNESCO classe le breton parmi les langues gravement menacées. Dans son livre Qui parle breton aujourd'hui ? (voir bibliographie), Fañch Broudic analyse l'enquête de TMO réalisée en 1997 ; à cette date, il y avait très précisément 0,2% de jeunes de 15 à 19 ans capables de parler breton, soit moins de cinq cents personnes.

Renouveau de la langue bretonne

En 1805, l'Académie Celtique est fondée par Napoléon Ier, c'est la première association étudiant la langue et la culture bretonnes. Le président est Malo Corret (dit La Tour d'Auvergne). En 1807, Jean-François Le Gonidec publie une Grammaire celto-bretonne dans laquelle il réforme l'orthographe du breton, puis en 1821 un Dictionnaire celto-breton. En 1839, Villemarqué publie le Barzaz Breiz, recueil de chants traditionnels en breton, présentant une « Histoire poétique de la Bretagne ». On sait aujourd'hui que certains des textes collectés ont été revus et modifiés par l'auteur, comme le faisaient les auteurs de contes populaires tels Charles Perrault et Grimm, et certains autres textes ont été entièrement composés par lui. C'est de son œuvre que date le renouveau littéraire breton. En 1864, Charles de Gaulle, grand-oncle du futur Général de Gaulle lance son "Appel aux Celtes" pour le renaissance littéraire et linguistique de la Bretagne et des pays celtes frères. À partir de 1925, grâce aux efforts du professeur Roparz Hemon, lançant le second Emzav (Mouvement Breton), la revue Gwalarn a vu le jour. Au cours de ses dix-neuf années d'existence, elle a tenté d'élever cette langue au niveau des autres grandes langues « internationales » en créant des œuvres originales couvrant tous les genres et en proposant des traductions du patrimoine littéraire de l'Humanité. Cependant, l'œuvre d'Hémon suscite de nombreuses controverses. En 1946, ce fut Al Liamm qui prit la suite de Gwalarn. D'autres revues existent et font de la langue bretonne une langue à littérature plutôt fournie pour une langue minoritaire. Skol Vreizh, Emgleo Breiz, Al Lanv, Ar Skol Vrezoneg, Mouladurioù Hor Yezh, An Here, Evit ar brezhoneg et d'autres encore. Le 17 décembre 2004, le conseil régional de Bretagne reconnait officiellement et à l'unanimité le breton et le gallo comme « langues de la Bretagne, au côté de la langue française ». Par ce vote, la région « s'engage, en recherchant la plus large association de ses partenaires, et en particulier des cinq départements bretons [les 4 départements de la Bretagne administrative et la Loire-Atlantique], afin de permettre la pérennisation de la langue et de la culture bretonnes ». La région envisage la formation de 150 enseignants par an, et espère atteindre 20 000 élèves dans les filières bilingues en 2010. Elle demande de nouveau à la France de ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires.

État actuel du breton

Certains poètes, linguistes et écrivains d'expression bretonne possèdent maintenant une renommée internationale, tels Yann-Ber Kalloc'h, Anjela Duval, Pierre-Jakez Hélias. Ces trois écrivains sont quelques uns des écrivains bretonnants du XXe siècle à avoir eu le breton comme langue maternelle. La langue bretonne est aujourd'hui la seule langue celtique à ne disposer d'aucun statut. La République française :
- refuse de ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires
- a instauré la loi relative à l'emploi de la langue française dite « loi Toubon » Voir l'article spécialisé sur le sujet : Politique linguistique de la France. Chaque année, des rassemblements de plusieurs milliers de personnes demandent l'abrogation de cette loi unique en Europe et la ratification de la Charte européenne. Dernièrement, l'association des écoles Diwan a déposé une plainte devant la Cour européenne des droits de l'homme pour obtenir des autorités publiques qu'elles respectent les droits linguistiques de la population bretonne. Actuellement on assiste à des tentatives de déstabilisation de l'enseignement du breton dans les rares établissements où cet enseignement existe dans l'Education Nationale: remplacement des cours par des audio conférences, enseignants bilingues remplacés par des monolingues, refus d'ouverture de nouvelles classes bilingues pour assurer la continuité, déménagements prévus des sections bilingues... Mais la majorité des établissements scolaires ignorent totalement l'existence de la langue bretonne.

Histoire du recensement lexical breton

Le premier dictionnaire breton, le Catholicon, se trouve être aussi le premier dictionnaire français. Il a été rédigé par Jehan Lagadec en 1464 et publié en 1499 ou avant. C'est un ouvrage trilingue breton, français et latin. Les recensements suivants eurent lieu deux siècles plus tard par :
- R. P. Julien Maunoir (1659) ;
- Pierre de Chalons (1723) ;
- Grégoire de Rostrenen (1732) ;
- Claude Cillart de Kerampoul, dit l'Armerye (1744) ;
- Dom Louis Le Pelletier (1752).
- Édition d'un dictionnaire latin-breton par Alain Dumoulin en 1800. Une date importante a été celle du Dictionnaire Celto-Breton de Le Gonidec (1821), augmenté par La Villemarqué vers 1847 : pour la première fois, certains mots se rapprochant du français sont systématiquement écartés, et des mots gallois, ou de vieux breton, sont incorporés au lexique sans plus de précision (cf. Controverses sur le breton). Le colonel Troude sera plus réaliste, en 1886, en ne retenant que des mots entendus réellement (ou sinon en indiquant que le terme n'est plus en usage). Par contre, le bannissement du lexique breton d'origine latine continue. Il faut cependant remarquer que cela résulte d'un état d'esprit de l'époque, dans lequel le breton est une langue secondaire dans la Basse-Bretagne, complémentaire au français : ces dictionnaires ne prétendent pas présenter une langue universelle, mais surtout recueillir des mots originaux. Ce « purisme celtique », expression utilisée par les détracteurs de cette attitude, sera plus ou moins général jusqu'aux années 1990, à l'exception notable du dictionnaire que Émile Ernault constitue pour le vannetais en 1904.
- "Vocabulaire breton-français" de Émile Ernault, 1927
- Côté KLT mais incorporant de nombreux termes vannetais, le Grand dictionnaire français-breton de François Vallée, aidé de René Le Roux (Meven Mordiern) et Émile Ernault, en 1931, incorpore de nombreux néologismes en première publication. L'entreprise de François Vallée, ayant tout un réseau d'informateurs à travers la Bretagne, permettra de recueillir en outre dans les dialectes de nombreux mots et expressions inédits. Il s'agit du premier exemple d'un travail d'équipe en lexicographie bretonne, et reste, à ce jour le plus important et le plus riche dictionnaire français-breton, avec celui de René Le Gléau. Parallèlement, Pierre Le Roux travaille à un Atlas linguistique de la Basse Bretagne, paraissant à partir 1924, mais ne se focalisant que sur les variantes des vocables les plus communs. L'après-deuxième guerre mondiale est une période douloureuse pour la culture bretonne : le mouvement nationaliste breton, pour avoir collaboré avec les occupants nazis, se trouve décrédibilisé aussi bien en France qu'en Bretagne. Paraîtront depuis cette époque, entre autres :
- Les Nouveau dictionnaire Français-Breton, puis Breton-Français de Roparz Hemon, 1970,
- "Dictionnaire historique du breton" de Roparz Hemon, 36 tomes et 3232 pages. Donne la première occurrence lexicale dans le contexte,
- Le Dictionnaire breton des Éditions Garnier, sous la direction de Pierre-Jakez Hélias, 1986,
- "Dictionnaire classique français-breton" de René Le Gléau, 1983-1994, 10 tomes et 4064 pages, surtout basé sur la production écrite entre 1850 et 1950, avec, en outre, des mots recueillis dans sa région natale de Saint-Renan, ou à l'écoute de la radio. Enfin, à partir de 1992 paraît le Geriadur ar Brezhoneg a-vremañ de Francis Favereau aux éditions Skol Vreizh, sous forme papier et CD-ROM. Cet ouvrage ne rejette pas systématiquement les néologismes et les mots sortis de l'usage, mais les signale comme tels, soit par un signe « - » pour les mots rares, soit par des guillemets quand il s'agit de créations maladroites ou fautives ; il reprend des termes issus des dictionnaires précédents, ainsi les mots d'origine française du Catholicon par exemple ou issus d'autres ouvrages, et les emprunts populaires (ce sont quelquefois les mêmes). Il faut noter que ce dictionnaire est le fruit de vingt années de travail et de collectage dans le Poher et autour de Poullaouen particulièrement, aire où portait la thèse de l'auteur, soutenue avant qu'il ne se décide à publier son dictionnaire. Favereau a produit le plus complet des dictionnaires bretons jamais créés, avec pas moins de 50 000 entrées et le double de mots composés. Malgré le manque de soutien financier pour sa création, le dictionnaire s'est tout de même bien vendu et a eu plusieurs réimpressions. Aujourd'hui, d'autres dictionnaires bilingues anglais / breton, allemand / breton, espagnol / breton montrent bien la volonté de la nouvelle génération de bretonnants d'inscrire la langue dans le paysage linguistique international. D'autres travaux lexicographiques plus savants sont en cours, notamment un Dictionnaire sanskrit / breton, à l'initiative de Pascal Geneste, linguiste peu connu. Tous ces travaux se font quasiment de façon bénévole. Chose nouvelle pour la langue bretonne, il est paru deux dictionnaires unilingues édités par An Here, le Geriadur brezhoneg (13 000 entrées) paru en 1995 sous la direction de Jean-Yves Lagadeg et Martial Ménard et le Geriadur Brezhoneg An Here (20 000 entrées) paru en 2002 sous la direction de Martial Ménard et Iwan Kadoret. Ils visent à extraire des textes littéraires reflétant ou non un langage populaire, les termes de la langue écrite et orale contemporaine. Ce dictionnaire sera l'objet d'une polémique : affaire du dictionnaire breton, de la part du journal Le Canard enchaîné. Ils incluent un certain nombre de néologismes (rarement empruntés au gallois, plus souvent créés à partir des racines du vieux-breton, voir Controverses sur le breton). De même, les éditions Preder publient des dictionnaires plurilingues spécialisés par domaine : psychanalyse, économie, etc. Certains parlent de Dictionnaire entre guillemets car les mots proposés sont en général des néologismes dont c'est la première apparition sur papier, ou des mots qui ne sont connus que d'une centaine de locuteurs. Cependant d'autres estiment que là réside leur intérêt : faire découvrir des mots nouveaux et étendre le champ lexical du breton à des domaines où il est traditionnellement peu présent. Par ailleurs les éditions Sav-Heol ont publié en 2004 un lexique bilingue de locutions et tournures populaires sous le titre Teurel Blaz war ar Yezh. En 2005 paraît une nouvelle collecte lexicale nommée Tammoù Gwaskin "Au cœur du breton légitime" par Jean-Yves Plourin qui fait découvrir au lecteur pas moins de 2000 mots inédits collectés au nord-ouest et au sud-est et plus de 6000 acceptions ainsi que des notes grammaticales.
- La collection "Teñzor ar brezhoneg" (Trésor de la langue bretonne) chez An Alarc'h a édité des vocabulaires de domaines lexicographiques jusque-là délaissés, comme un vocabulaire des argots bretons ("argot" au sens strict du terme) (2003), ou celui du breton enfantin et des tout-petits (2005).

Dialectes

Comme nombre de langues (notamment occidentales: allemand, anglais, basque, gallois, gaélique, mais également le chinois, le coréen, ... et à l'exception notable du français qui a subi une unification depuis le XVIIe), la langue bretonne varie d'un endroit à l'autre. En breton, ces différences dialectales touchent avant tout la prononciation et une faible partie du vocabulaire. Certains dialectes présentent aussi une syntaxe un peu différente. Les différences sont généralement faibles de proche en proche, mais plus on s'éloigne d'un point, plus le breton est différent. En règle générale, il n'y a pas de frontière nette entre dialectes, mais un changement progressif. Traditionnellement, on liste les dialectes bretons en fonction des anciens évêchés (on ignore si ceux-ci ont suivi les coutumes linguistiques ou s'ils ont favorisé localement une certaine cohérence) :
- Le breton léonard, parlé dans le tiers nord du département du Finistère (Brest, Morlaix, Plouguerneau, Landerneau, Saint-Pol-de-Léon, Landivisiau, Ouessant, ...)
- Le breton trégorrois, parlé dans le nord-est du Finistère et dans le nord-ouest des Côtes d’Armor (Plestin-les-Grèves, Guingamp, Lannion, Tréguier, …)
- Le breton du Goëlo, parlé dans la région de Paimpol, généralement considéré comme inclus dans le trégorrois (l'une de ses différences les plus notables concerne la prononciation /v/ des terminaisons -v là ou les autres dialectes prononcent /o/, /w/, ...).
- Le breton cornouaillais, parlé dans:
  - les deux tiers sud du Finistère (Carhaix, Quimper, Pont-Aven, Quimperlé, Douarnenez, Pont-l'Abbé, Sein, Châteaulin, Plougastell-Daoulas, ...),
  - dans le sud des Côtes d’Armor (

Cornique

Introduction

Le cornique est une
langue celtique insulaire (groupe brittonique) de la famille des langues indo-européennes. Cette langue est parlée en Cornouailles (Grande-Bretagne). Il existe un Kesva an Taves Kernewek (Office de la langue cornique) dont la mission est de promouvoir le cornique. À noter qu'il existe aujourd'hui 2 000 personnes en Cornouailles anglaises et dans le reste du monde capables de s'exprimer en cornique. Il existe des écoles bilingues du nom de Dalleth, équivalent des écoles Diwan de breton par immersion en Bretagne. En juillet 2002, la langue cornique a été officiellement reconnue par les autorités du Royaume-Uni selon la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires - c'est la seule langue régionale reconnue en Angleterre (note : le Royaume-Uni se compose de l'Angleterre, du Pays de Galles, de l'Écosse, et de l'Irlande du Nord). On retrouve du cornique dans des noms propres (patronymes et toponymes) et certains mots du parler anglais de Cornouailles.

Histoire

La population s'était anglicisée surtout depuis le quand la liturgie en anglais fut imposée en 1549. Selon la tradition, on date le décès de la dernière locutrice connue, Dolly Pentraeth, marchande de poissons, en 1777. Ses dernières paroles auraient été : « Me ne vidn cewsel Sawznek ! » (« Je ne parlerai pas l'anglais ! »). Mais on suppose qu'elle parlait un peu d'anglais et qu'elle n'était donc pas la dernière locutrice monolingue ; il s'agirait plutôt d'un certain Chesten Marchant, réputé dernier locuteur monolingue, qui mourut en 1676. Et on a témoigné l'existence de locuteurs du cornique pendant le . Les pêcheurs de la région continuaient de compter en cornique jusqu'aux années 1940. On a retrouvé un certain usage traditionnel de cornique parmi les mineurs des mines de charbon. Mais toujours est-il que Dolly Pentraeth se comptait parmi les derniers avant le qui étaient capables de parler la langue couramment. Depuis le début du on s'efforce de faire revivre la langue, notamment dans des services religieux, des cours pour adultes ou pour enfants (dans quelques écoles primaires et secondaires). Plusieurs centaines de personnes ont ainsi acquis une certaine compétence en cornique, et des milliers y ont été exposés. La littérature en cornique ne cesse de croître ; la littérature en cornique rénové dépasse aujourd'hui en quantité celle du cornique traditionnel. 1 500 personnes environ sont capables de tenir une conversation en cornique. Quelques locuteurs ont même le cornique comme langue maternelle : ce sont les enfants de militants linguistiques.

Orthographes

Il y a trois orthographes modernes dont on attend une réunification éventuelle. La première (Kernewek Unys ou Unified Cornish, « cornique unifié ») a été régularisée par R. Morton Nance, auteur du premier dictionnaire cornique contemporain, et repose sur la base du cornique médiéval. Les deux autres émergent pendant les années quatre-vingt : l'une ayant pour but de représenter les sons du cornique médiéval d'une manière plus phonétique (Kernewek Kemmyn, « cornique commun »), et l'autre prenant pour base le cornique du (Curnoack ou Modern Cornish, « cornique moderne »). Le poète Tim Saunders suit un système orthographique indépendant, mais similaire à ceux du Kernewek Kemmyn et du breton.

Grammaire

La syntaxe est extrêmement proche de celle du breton. La phonétique du cornique est aussi relativement proche de celle du breton, mais plus archaïque, proche par certains aspects du breton vannetais. Le vocabulaire se distingue davantage (mais le vocabulaire cornique est plus proche de celui du breton que ne l'est celui du gallois) : il existe nombre de mots qui n'existent ni en gallois ni en breton, et des emprunts à l'anglais (médiéval ou moderne) assez nombreux.

Exemple de texte en cornique

(Début de la traduction en cornique du texte mythologique gallois Pwyll Pendeuic Dyued. Orthographe ‘'Kernewek Unys) Pwyll Pensevyk Dyved o arluth war seyth keverang Dyved. Hag ef ow tryga yn Arberth, y ben-lys, whans o dhodho mos helghya. An ran a'y dyr a vynna helghya o Glyn Cuch, ha'n nos-na ef eth war y hens a Arberth ha dos bys dhe Llwyn Diarwyd. Hag ena y fu an nos-na. Ha ternos, yn yowynkneth an jeth, sevel a wruk ha dos dhe Lyn Cuch, rak dyllo y gun y'n cos. Y whethas an corn ha dalleth an helva, ha holya y helgun, ha kelly y gescowetha. Hag ef ow colsowes orth lef y vagas-hel, y clewas lef nep bagas aral hag y nyns ens unlef, hag yth esens ow tos erbyn y vagas-ef. Hag ef a welas lanergh y'n cos, o leven y don. Ha pan dheth y helgun dhe vyn an lanergh, ef a welas carow arak an bagas-hel aral. Hag yn ogas dhe gres an lanergh, otena'n bagas esa war y lergh ow talghenna ynno ha'y dewla dhe'n dor. Ena y fyras orth lyw an cun, hep predery a vyras orth an carow. Hag a'n helgun oll re welsa y'n bys, bythqueth ny welsa cun o unlyw gansa-y. Ha'ga lyw o gwyn golow splan ha'ga dywscovarn o cough. Ha kepar del derlentry gwynder an cun yndella y terlentry coughter aga dywscovarn.Gans henna ef a gerdhas dhe'n cun ha chassya dhe ves an re na a lathsa an carow, ha bosa y gun y honen war an carow.

Voir aussi


- Tableau lexical comparatif des langues britonniques
- linguistique
  - dictionnaire des langues Catégorie:Langue brittonique Catégorie:Cornouailles als:Kornisch ja:コーンウォール語


Religion

ko:종교 ms:Agama ja:宗教 simple:Religion th:ศาสนา Catégorie:ReligionCatégorie:Philosophie de la religion Catégorie:Philosophie de la religion

Définition

Le dictionnaire en donne les définitions suivantes : # Ensemble de croyances et de dogmes définissant le rapport de l'humain avec le sacré. #Ensemble de pratiques et de rites propres à chacune de ses croyances. Pour tenter de définir la religion, on peut déjà établir les différences de sens entre le terme religion et ceux de foi et de superstition. La religion suppose un groupe, contrairement à la foi purement individuelle. La religion se distingue de la superstition, qui se résume à invoquer des causes surnaturelles pour expliquer des phénomènes naturels : si les religions incorporent bien souvent des éléments qui procèdent de la superstition, on ne saurait réduire la religion à cela. D'autre part, Jonathan Smith (écrivain américain) dit dans Critical terms for religious studies : « Le mot « religion » n'est pas un terme trouvé sur le terrain ; c'est un terme créé par les chercheurs pour leur propre besoin ; en conséquence c'est à eux que revient la tâche de le définir. Il s'agit d'un concept générique, de second degré, qui joue le même rôle dans la mise-en-place de l'horizon disciplinaire de l'étude de la religion que les concepts de « langage » et « culture » en linguistique et anthropologie. Sans un tel horizon, il n'y a pas de discipline de l'étude de la religion. » En Occident, on dit volontiers que le mot religion vient du mot latin re-ligare : pour re-joindre ou re-lier, classiquement compris pour signifier la relation de l'humain au divin, mais aussi les hommes les uns aux autres. Religare est l'étymon proposé par Lactance. Mais cette signification est tardive. Une autre voie, proposée par Augustin d'Hippone, suggère l'étymologie archaïque suivante : relegere, « relire, reprendre », par opposition à negletentia, fait de ne pas se soucier ; et aussi le mot religio, « scrupule » qui est de Cicéron (De natura deorum, II, 10). Cette étymologie évoque l'idée de scrupule dans l'observation des rites et la peur face aux forces surnaturelles. Ainsi en est-il en Extrême-Orient, où à l'arrivée des missionnaires chrétiens au début du , les Chinois traduisirent le mot religion par les deux sinogrammes Zong et Jiao (宗教) qui associent l'enseignement et les ancêtres, mettant l'accent sur la transmission d'un savoir et surtout de rites, d'une tradition, de légendes, en quelque sorte ou d'un enseignement religieux. De même, les Japonais ont-ils forgé le mot shûkyô, signifiant l'enseignement de l'essentiel, c'est-à-dire d'un catéchisme. On comprend ainsi qu'il s'agit à la fois des croyances d'un groupe humain et des pratiques qui en découlent.

Transmission

Il faut, toutefois, rester conscient que parler de « puissance divine » (Littré) ou de « divin », c'est répéter le vocabulaire des
ventriloques de Dieu , celui de la théologie ; parler de nature supérieure qu'on appelle divine (Cicéron), c'est parler régional ; au contraire, parler de surhumain ou de non humain ne suppose pas d'autre point d'observation que celui où se tient le commun des mortels. Depuis que l'homme est au monde, il ne cesse de se poser des questions :
- sur la façon dont le monde fonctionne,
- sur la place qu'il occupe dans celui-ci,
- sur les raisons qu'il a d'être au monde, dans une tentative d'expliquer l'univers et les phénomènes physiques qui l'effraient, souvent impliquant un ou plusieurs déités ou d'autres forces surnaturelles. Il donne un sens au monde où le mot sens doit s'entendre à la fois comme herméneutique et direction. Au-delà de la distinction (une distinction n'est pas une explication ; ce n'est qu'un procédé typologique), la « religion » tout court pose les questions :
- du rapport à l'autre humain ou non,
- du rapport au monde, en particulier à la nature, dans les animismes, où toute les forces de la nature sont sacralisées,
- du rapport à Dieu ou aux dieux,
- et du rapport à son autre, c'est-à-dire, au non-religieux dont elle se réserve le privilège de tracer les contours
  - assez nets quand elle les nomme, tour à tour païen, agnostique, incroyant, infidèle, ou athée,
  - plus flous quand il s'agit d'hérésie ou d'hétérodoxie. Ces deux derniers concepts suggèrent leur désir de participer à l'organisation de la société sous forme de théocratie ou de théonomie. On peut penser ce rapport en termes essentialistes, ceux de sacré et de profane, ce que font, en fait, tous les théologiens qui n'osent plus parler de leurs convictions que par le détour d'un métalangage. Mais on peut aussi aller plus loin, ne pas s'arrêter là où la théologie le demande, et aborder la
religion comme on le fait pour n'importe quel autre aspect de la vie sociale. Dans cette approche, la religion ne se pense plus comme une option mais comme l'un des procédés non-optionnels, universels, par lesquels une société se perçoit, trouve et prend sa place dans le monde. Ici, la religion, c'est la société elle-même en train de s'auto-légitimer.

Contenus

Les religions cherchent à répondre à la soif de sens de l'homme, mais aussi à expliquer - du moins à éclaircir - ce que son savoir ne peut expliquer. Parmi les phénomènes qui effraient l'homme, se dresse en premier lieu la mort. Les différences de perception de la mort constituent le phénomène dirimant. Les chercheurs préhistoriens distinguent pratique l'homme des anthropoïdes. Les religions (espérance)pour compenser ce qui semble scandaleux dans cet événement, conçue sous la forme de vie éternelle, de réincarnation, de résurrection, d'immortalité, d'éternité. Elles montrent aussi un intérêt pour les mystères de la vie. En témoignent les images, qu'elles soient idoles, icônes ou symbole.

Méthodes

Les religions, et plus exactement leurs fidèles, relatent et transmettent dans des récits oraux, que ce soit sous forme d'épopées ou de livres saints, de traditions orales ou écrites, les rites adéquats pour le culte. L'ensemble de ses rites constituent une liturgie. Ils transmettent aussi des enseignements et des codes de lois religieuses, censés montrer le juste et l'injuste aux fidèles et donc les doter d'une morale, plus ou moins contraignante, mais censée à tout le moins orienter le croyant vers son bonheur. La religion inspire l'art (peinture, littérature...), qui lui-même exalte la religion et toute une tradition, si bien que ce ne sont plus seulement les livres saints ou les mythes originels qui entretiennent parfois une religion, mais l'ensemble d'une culture. Il arrive qu'un clergé soit chargé d'interpréter, de diffuser et de maintenir le message d'une religion. En particulier pour l'Eglise catholique, le clergé s'est établi dans la continuité des apôtres du Christ, et s'est hiérarchisé plus tardivement sur le modèle de l'Empire romain, suite à la conversion des empereurs. On sera donc amené à s'interroger sur le sens de la conversion religieuse, sur le rôle des missionnaires comme à envisager le concept de guerre sainte, qu'elle se nomme croisade ou djihad, de l'inquisition et toute autre forme de coercition à caractère religieux. Les croyants ou fidèles tendent à se réunir ensemble pour célébrer des jours saints par la prière, mais la pratique isolée est également reconnue juste dans la spiritualité. La plupart des religions ont également un code de lois religieuses. Souvent, avec l'organisation des sociétés, le pouvoir spirituel se mêle au pouvoir temporel transformant son parti en patrie. La plupart des religions ont cela de commun avec les nations (et de façon plus générale avec tout groupe d'hommes) qu'elles ont souvent besoin d'une ennemi pour se fédérer et se construire. C'est dans cette mesure que Daniel Lindenberg en vient à se poser la question de savoir si les religions « sont naturellement intolérantes ». En outre, on ne peut nier qu'un clergé constitue dans certaine religion à certaines époques une force politique, un État dans l'État, qui peut pratiquer l'obscurantisme. Depuis le début du , on observe dans le monde occidental un clivage plus ou moins sévère entre ces deux pouvoirs religieux et politiques, avec l'apparition du concept laïcité, en particulier en France. Ce phénomène a pu laisser penser à la disparition progressive des religions, mais la laïcité a plutôt remis à sa place la religion. La diffusion d'une culture religieuse laïque, donc pluraliste, est une base indispensable à la connaissance mutuelle des fidèles des diverses religions. Il ne faut pas
plus de religion, mais mieux de religion.

En guise de conclusion provisoire

Sans aucun doute, l'être humain éprouve donc un besoin vital de concrétiser ses craintes, ses angoisses, mais également ses aspirations, sa quête de sens et ses intuitions, bref son
sens religieux, dans une discipline, une métaphysique, une croyance, des pratiques, des rites, etc. Aussi l'apparente désaffection des religions dans l'Europe du , et du christianisme en particulier, n'a-t-elle pas tari le profond besoin de religion de l'homme (ce qui se manifeste notamment par l'apparition de nombreuses sectes ou bien l'inclination pour des religions exotiques, mais encore par la survivance, voire le renouveau, du christianisme). Comme l'a dit René Girard, même si le sentiment religieux n'est pas raisonnable, la raison ne peut ni récuser ni supprimer celui-ci. Il fait partie de l'Homme. L'Homme essaie-t-il, grâce à la religion, de se rassurer devant une nature toute-puissante et pleine de mystères ? Peut-on néanmoins réduire les religions à de simples pis-aller qui permettent d'expliquer grâce à la supersitition et au fantastique les phénomènes que nous ne parvenons pas à nous expliquer ? C'est qu'on ne peut nier en outre l'aspect identitaire d'une religion : professer une religion, c'est affirmer son appartenance à un groupe et adhérer à ses moeurs et valeurs. Le renouveau des courants fondamentalistes, plus ou moins liés aux courants politiques les plus extrémistes, procède de cette idée. Les fondamentalismes s'apparentent aux nationalismes les plus virulents. Certes, la religion fut et demeure le prétexte de massacres et de la mise en place de discriminations constantes, de même que les mouvements nationalistes, de même plus généralement que tout facteur identitaire (cf. La Violence et le Sacré de René Girard). Toutefois, la religion, phénomène social, est aussi l'expression d'un profond besoin individuel.

Grandes familles de religions

À travers l'histoire, les hommes ont élaboré de multiples religions. Certaines se sont répandues dans le monde entier et sont très pratiquées. Divers types de classements des religions sont possibles.

Principales religions

A l'heure actuelle, les religions qui comptent le plus grand nombre de fidèles sont :
- Le christianisme (2,0 milliard)
- l'islam (1,2 milliard)
- l'hindouisme (0,8 milliard)
- le bouddhisme (0,6 milliard)
- le taoïsme (0,4 milliard)
- Le judaïsme (15 millions)
- Le jaïnisme
- Le sikhisme
- Les religions africaines (0,7 milliard)

Autres religions


- Le bahaisme
- Le bön
- Le rastafarisme
- La religion traditionnelle chinoise
- Le shintoisme
- Le zoroastrisme
- Les nouveaux mouvements religieux
- Les sectes

Aires culturelles et géographiques

On peut distinguer quelques grandes familles du point de vue des aires culturelles et géographiques :
- Les religions antiques (généralement éteintes)
- Religions de l'Inde : hindouisme et religions qui en sont issues (bouddhisme et jaïnisme)

Classement idéologique

On entend signaler par idéologie la représentation du divin promue par chacune des religions :
- monothéisme, polythéisme, panthéisme,
- syncrétisme, monooriginisme ou le projet sur les relations qu'elles entendent entretenir entre elles :
- Dialogue inter-religieux
- Œcuménisme
- Arbre des religions abrahamiques

Annexes

Philosophie


- Les notions de Dieu et dieux
- L'athéisme

Histoire des religions


- Les mythologies
  - Sumer
  - Babylone
  - Dieux égyptiens

Sociologie des religions


- Organisations et institutions
- Les religions reconnues par l'état belge, sur Wikinations.be
- Clergé (le mot est compris au sens de catégorie socio-professionnelle)
- Fondamentalisme

Spiritualité

Doctrines et croyances


- Les sept péchés capitaux
- Les signes du zodiaque

Divers


- Ikuan Tao
- Jeûne
- Laïcité
- Ministères ecclésiastiques
- Noachite
- Petit lexique des idées fausses sur les religions
- Prêtrise et pédophilie
- Religion et alimentation
- Religions et violence
- Wikipédia:Projet/Religion
- humanisme


Druide

Introduction

Le druide était un personnage omnipotent et omniscient de la société celtique, au point qu’il était à la fois ministre du culte, philosophe, gardien du Savoir et de la Sagesse, historien, juriste et aussi conseiller militaire du roi et de la classe guerrière. Il est en premier lieu l’intermédiaire entre les dieux et les hommes. Il correspond donc à la première fonction de l'idéologie tripartite indo-européenne mise en lumière par Georges Dumézil.
Selon le récit de L’Ivresse des Ulates « Nul ne parle avant le roi, mais le roi ne parle pas avant son druide ».
Il était chargé de la célébration des cérémonies sacrées et lui seul avait le droit de pratiquer les sacrifices. Ce qui fait du druidisme, non seulement la religion des peuples celtes, mais aussi le fondement de toute leur civilisation.
Un seul nom de druide historique nous est connu, c’est Diviciacos dont Jules César nous apprend qu’il gouvernait le peuple des Eduens. Les autres, dont il est question dans les textes, relèvent de la mythologie celtique ; mention particulière au très célèbre Panoramix, un druide de fiction imaginé par René Goscinny dans la bande dessinée Astérix.
Nota : Il est ici question des druides et du druidisme de l’Antiquité et non du mouvement néo-druidique contemporain.

Sources et étymologie

Comme pour tout ce qui concerne la civilisation celtique, nous ne disposons d’aucun texte d’origine interne. Les druides eux-mêmes sont à l’origine de cette lacune : considérant que la parole écrite est morte, ils ont privilégié l’oralité et la mémoire pour la transmission du Savoir. Néanmoins, les Celtes connaissaient l’écriture et l’ont utilisée de façon marginale. De plus, ils ont inventé les ogam ou écriture oghamique dont 300 inscriptions à vocation funéraire nous sont parvenues gravées dans la pierre.
Deux types de sources nous permettent d’appréhender le sujet : les témoignages antiques et la consignation par des clercs, de traditions orales au moyen âge en Irlande. Pour la première catégorie, il faut citer notamment Diodore de Sicile (Histoires), Strabon (Géographie), Pomponius Mela (De Chorographia), Lucain (La Pharsale), Pline l’Ancien (Histoire naturelle), et surtout César qui, avec ses Commentaires sur la Guerre des Gaules, nous apporte de nombreuses et importantes informations sur la société gauloise ainsi que sur la religion et ceux qui en ont la conduite. Une deuxième source vient corroborer la première et l’enrichir d’une origine différente, il s’agit d’un ensemble de textes irlandais, pour l’essentiel, écrits du au . Ils retranscrivent les mythes et épopées de l’Irlande celtique qui se sont transmis oralement de générations en générations. Les collecteurs transcripteurs les ont affublé d’un vernis chrétien, sous lequel l’étude découvre l’original. De cette littérature, on peut citer : le Cath Maighe Tuireadh (Bataille de Mag Tured), le Tochmarc Etaine (Courtise d’Etain), le Tain Bo Cualnge (Razzia des Vaches de Cooley), le Lebor Gabála Érenn (Livre des Conquêtes) et les Mabinogion gallois.
On a longtemps pensé (depuis Pline) que le mot druide était associé au chêne, à cause des rites associés à cet arbre. Les linguistes et philologues ont maintenant établi que ce terme spécifiquement celtique, présent tant dans le texte de césar que ceux du moyen âge, provenait de « dru-wid-es » qui signifie « très savants ».

La classe sacerdotale

Structure de la société celtique

César, relatant ses opérations militaires, avait noté que les Gaulois (la plèbe) étaient dirigés par deux classes d’hommes, les druides et les chevaliers (equites). On retrouve cette hiérarchie dans la structure de la société divine des Tuatha De Danann, les dieux de l’Irlande, qui reproduit le schéma de l’idéologie tripartite des Indo-européens, telle qu’elle a été exposée par Georges Dumézil.
- La classe sacerdotale qui possède le Savoir et fait la Loi ; elle administre le sacré et le religieux
- La classe guerrière qui gère les affaires militaires sous le commandement du roi
- La classe des producteurs (artisans, agriculteurs, éleveurs, etc.) qui doit subvenir aux besoins de l’ensemble de la société et en priorité ceux des deux autres classes

Hiérarchie et structure de la classe sacerdotale

La classe sacerdotale est elle-même hiérarchisée, et ses membres possèdent des « spécialités ».
- le mot druide est un terme générique qui s’applique à tous les membres de la classe sacerdotale, dont les domaines d’attribution sont la religion, le sacrifice, la justice, l’enseignement, la poésie, la divination, etc.
- le barde est spécialisé dans la poésie orale et chantée, son rôle est de faire la louange, la satire ou le blâme.
- le vate est un devin, il s’occupe plus particulièrement du culte, de la divination et de la médecine. Les femmes participent à cette fonction de prophétie (telles les